La Haute autorité de lutte contre les discriminations a indiqué mardi les résultats d'un testing à l'embauche sur vingt entreprises françaises. Trois d'entre elles sont ressorties comme discriminantes à l'égard de certaines catégories d'âge ou d'origines. Ces tests "statistiques" - n'impliquant pas de personnes réelles et, à ce titre, n'entraînant pas de suites judiciaires - ont été réalisés auprès de 15 entreprises du CAC 40 et de 5 intermédiaires de l'emploi, tirées au sort, entre juillet et décembre 2007.
La méthode employée a été celle de "l'audit par couple", préconisée par le BIT (bureau international du travail), qui, pour chaque offre d'emploi sélectionnée, propose une ou plusieurs séries de candidatures. Chaque série comporte une candidature "discriminable" (à l'origine et à l'âge) et une candidature de "référence" (blanc, âge moyen).
Sur l'ensemble de 5.620 CV envoyés pour répondre à 1.469 offres d'emplois, il apparaît que globalement, sur l'ensemble des entreprises, les candidats susceptibles d'être discriminés en raison de leur origine ont 22,77% de chance en moins que les autres d'être convoqués à un entretien. Les candidats susceptibles d'être discriminés en raison de leur âge ont 42,17% de chance en moins d'être convoqués en entretien.
Mais Accor est la seule, selon le testing de l’Observatoire des discriminations, à discriminer en fonction des origines ethniques. Louis Schweitzer, le président de la Halde, a révélé qu’« i[un écart apparaissait au détriment des candidats d’origine africaine pour le site AccorJobs [le site de recrutement du groupe Accor, ndlr]]i».
Les 15 entreprises du CAC 40 testées étaient Accor, AGF, Bouygues, Crédit Agricole, Danone, EADS, France Telecom, Lafarge, Lagardère, Pernod Ricard, Sanofi, Total, Saint-Gobain, Veolia et Vinci. Les 5 intermédiaires de l'emploi étaient Adecco, Futurestep, Mercuri Urval, Manpower, Michael Page.
Les tests, qui ont coûté environ 570.000 euros, ont fait l’objet de critiques de toute part. Ces derniers ont été dirigés par le sociologue Jean-François Amadieu, également membre du comité consultatif de la Halde. Le Canard Enchaîné s'était déjà fait l'écho, en avril dernier, de réactions d'entreprises testées pointant des "failles dans l'enquête" et mettant en cause ce dernier.
Selon Louis Schweitzer, lui-même ancien PDG de Renault, les 20 entreprises choisies pour les tests avaient été prévenues.