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Cinéma, DVD

Tout est bon dans « Le Cochon de Gaza » !

Rédigé par Mounir Benali et Huê Trinh Nguyên | Mercredi 14 Septembre 2011

Quand un habitant de Gaza pêche dans ses filets un animal non grata en terre sacrée, cela donne « Le Cochon de Gaza », une fable cinématographique jouissive, mêlant humour, absurde et réalisme.



Sylvain Estibal, réalisateur : «  Ce qui unit les deux camps, c’est le rejet du cochon. De ce plus petit dénominateur commun va naître un début d’entente. Ce cochon, c’est en quelque sorte ma colombe de la paix ! »
Sylvain Estibal, réalisateur : « Ce qui unit les deux camps, c’est le rejet du cochon. De ce plus petit dénominateur commun va naître un début d’entente. Ce cochon, c’est en quelque sorte ma colombe de la paix ! »
La mésaventure, c’est Jafaar qui va la vivre. Ce pêcheur palestinien ‒ joué avec brio par Sassan Gabay ‒ remonte dans ses filets, bien malgré lui, un cochon, cet animal ô combien impur tant pour les juifs que pour les musulmans.

Cherchant dans un premier temps à s’en débarrasser coûte que coûte, notre héros pensera ensuite à en tirer bénéfice. Mais il est encore loin d’imaginer toutes les tracasseries liées à sa décision dans une société dominée par le conflit israélo-palestinien.

Tel est le sujet audacieux de la dernière œuvre que Sylvain Estibal a abordé, en usant du ton de la comédie sans nier la réalité de la société gazaouite. Le cinéaste parvient à nous surprendre grâce au traitement burlesque et à l’enchaînement bien pensé des scènes, il suffit de se souvenir de celle où l’épouse de Jafaar confectionne un déguisement de mouton afin que le fameux cochon passe inaperçu aux yeux des Palestiniens comme à ceux des soldats israéliens postés aux check-points.

Les péripéties de Jafaar, homme du peuple, simple, auquel on s’attache facilement, s’enchaînent de manière à la fois délicieuse et un poil provocante. Passer par l’absurde pour traiter du sujet sensible israélo-palestinien permet de ne pas sombrer dans les clichés habituels. Le réalisateur garde néanmoins à l’esprit les conditions de vie peu envieuses des habitants de Gaza. Estibal décrit, avec distance et légèreté, le quotidien de ces résidents faisant tout pour survivre comme ils le peuvent.

Le film dénonce ainsi le piège absurde dans lequel sont plongés les deux camps de ce conflit interminable dont ils souffrent tout autant les uns que les autres. Le message final est celui d’un rapprochement possible, mais rien n’est gagné…

Atypique par son traitement, Le Cochon de Gaza est une tragi-comédie que l’on ne saurait manquer : pour voir le conflit sous un autre angle, il faut suivre ce cochon fauteur de troubles et amateur de sardines dopées au Viagra !


Le Cochon de Gaza, de Sylvain Estibal, avec Sasson Gabay, Baya Belal et Myriam Tekaïa. Sortie en salles le 14 septembre.









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