Connectez-vous S'inscrire






Culture & Médias

Tareq Oubrou, un imam dans tous ses états

Le film de sa vie porté à l'écran

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mercredi 8 Juin 2011

A l’heure où les actes anti-musulmans sont en constante augmentation, il est bon de rappeler le message véritable de l’islam et de présenter la majorité silencieuse des musulmans, souvent dépeints comme une menace. Cette mission a été confiée à Tareq Oubrou, lui-même choisi par Farid Abdelkrim et Noureddine Farssi, à travers un documentaire de 52 minutes retraçant son parcours atypique. Le film se veut être le prolongement et le complément du livre-entretien du recteur de la mosquée de Bordeaux « Profession Imam ». En partenariat avec Saphirnews et Salamnews, « Tareq Oubrou, un imam dans tous ses états » [voir teaser plus bas] sera diffusé à Bordeaux et à Paris les 21 et 22 juin. M. Abdelkrim nous explique son choix.



Tareq Oubrou, imam de Bordeaux, figure principale du documentaire « Tareq Oubrou : un imam dans tous ses états », réalisé par Farid Abdelkrim et Noureddine Farssi.
Tareq Oubrou, imam de Bordeaux, figure principale du documentaire « Tareq Oubrou : un imam dans tous ses états », réalisé par Farid Abdelkrim et Noureddine Farssi.

Saphirnews : Comment en êtes-vous venus à réaliser ce documentaire ?

Farid Abdelkrim : Tout d’abord, je dois dire que je connais l’imam Tareq Oubrou depuis près de ¼ de siècle. J’ai fait sa connaissance alors qu’il était imam à Limoges et depuis, les occasions de le rencontrer se sont multipliées. D’abord en tant qu’élève - que je considère encore être aujourd’hui - et puis en tant qu’acteur partageant des projets communs avec lui.

Toutes ces années durant, je me suis rendu compte à quel point Tareq Oubrou, l’homme, est humain, bon, humble et profondément érudit. Je considère aujourd’hui être un privilégié puisque faisant partie de ses intimes. La perception et la fascination que j’ai de l’homme, de l’imam, du théologien, du penseur… font que je me sens le devoir de partager ce privilège. La meilleure façon pour moi était donc de faire un film qui présente l’homme à travers ces différents aspects. C’est ainsi que, dans le cadre de notre association FocusDoc, avec Noureddine, nous avons voulu porter ce témoignage.

Quand avez-vous commencé à y réfléchir et combien de temps avez-vous mis pour le réaliser ?

F. A. : L’idée de faire ce film remonte bien avant la création de notre association en 2008. J’ai d’ailleurs réalisé ses chroniques « Causeries » dans le cadre de Saül Productions ainsi qu’une série DVD « Initiation au soufisme » dans le cadre de GEDIS. Avec FocusDoc, nous avons, en 2010, et durant plus d’une année, suivit l’imam Oubrou dans plusieurs grandes villes de France, en Belgique et au Maroc. C’est donc plus de 160 heures de tournage, plusieurs semaines pour le montage et tout autant pour sa finalisation. Aujourd’hui, le documentaire est fini et sera diffusé en avant-première à Bordeaux le 21 juin prochain et à Paris le 22 juin.

Quelles difficultés avez-vous eu à faire face ?

F. A. : Les difficultés furent nombreuses comme c’est le cas pour ce genre de réalisation. Mais ça en valait la chandelle… Cela dit, si je devais en citer au moins deux, il y a d’abord la question financière bien entendu. (…) Avec Noureddine, nous avons mis en branle le système D et nous avons trouvé une équipe de gens superbes, bossant parfois bénévolement ou pour presque rien…
La seconde difficulté concerne le refus de certains musulmans qui ne partagent pas tous les avis de l’imam Tareq Oubrou à prendre part au débat. Capables de le critiquer en off, la caméra en marche, rares sont ceux qui ont accepté de se mouiller. Je trouve cela dommage d’autant plus qu’ils ont des choses à dire et que cette attitude ne vise malheureusement pas à promouvoir le débat intracommunautaire.

Outre votre fascination pour l'homme, quelles raisons vous ont poussé à choisir M. Oubrou ?

F. A. : J’ai envie de vous répondre pourquoi pas ? Et en même temps, il me semble que dans un monde ou les projecteurs sont en général braqués sur celles et ceux qui font le plus de bruit, je réitère cette conviction que l’imam Tareq Oubrou gagne vraiment à être connu. L’ampleur de sa pensée, la pertinence de ses chantiers de réflexion, ses efforts en vue de suggérer un islam possible, son souci de rapprochement avec l’Autre, son courage quant à ses convictions et sa dimension spirituelle réelle mais peu mise en avant… tout cela, et bien d’autres choses, en fait à mes yeux une des incarnations du religieux accompli pour maintenant et ici.

Qu’est-ce qu’il a de plus que les autres ?

F. A. : Je répondrais en disant qu’il est un parmi d’autres et qu’en cela, nous devions le faire connaître auprès de celles et ceux qui en auraient une image partielle ou erronée. Il est un des portraits que nous souhaitions présenter, mais il n’est pas le seul bien entendu. Nous sommes d’ores et déjà en train de travailler sur notre second portrait dont nous vous révèlerons le nom dés que tous les accords seront passés.

Quels messages souhaitez-vous faire passer à travers le film ?

F. A. : Il me semble qu’avec Noureddine, nous souhaitons mettre en relief auprès des musulmans et des non musulmans le fait qu’entre l’islam et la France, il y a surtout un gros malentendu, malentendu que l’imam Oubrou tente de lever avec exigence et force par sa réflexion et son engagement. Nous espérons sincèrement pouvoir être des relais en la matière.

Comptez-vous le proposer pour diffusion sur petit écran ?

F. A. : Dés l’origine, nous destinons ce film au petit écran. Nous sommes en train de démarcher afin que ce film puisse connaître le succès qu’il mérite. Et même si nous ne sommes pas des professionnels en la matière, nous nous sommes imposés une certaine exigence et nous espérons vraiment avoir été à la hauteur de celles et ceux qui nous ont fait confiance, de l’imam Tareq Oubrou lui-même et, c’est l’ambition que nous caressons, être digne de pouvoir le voir diffuser à la télévision.






Loading










Nos services web

Recevez le meilleur de l'actu