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Société

Taoufik Amri : mort par noyade

| Mercredi 13 Décembre 2006

Le corps de Taoufik Amri, jeune père de famille tunisien, disparu à Nantes le 22 novembre après un contrôle de police, a été retrouvé dans le canal Saint Félix à Nantes, et examiné hier par la police scientifique. Selon l’autopsie M. Amri « est mort par noyade et aucune trace traumatique n'a été trouvée sur son corps » affirme une source policière. Les trois policiers ayant effectué le contrôle précédant la mort du jeune père de famille tunisien, restent en garde à vue et font l’objet d’une enquête de la part de l’Inspection Général de la Police Nationale (IGPN), ou police des polices. La France a aussi été saisie d'une « demande d'information » par la Tunisie sur cette affaire.



Le corps retrouvé mardi par des plongeurs de la police, dans un canal du centre-ville nantais, a été identifié comme étant celui de Taoufik Amri, disparu à Nantes le 22 novembre après un contrôle de police. Le corps de M. Amri a été repêché mardi peu avant 16h00 en aval du canal Saint-Félix à Nantes, dans la partie évasée du canal Saint-Félix, « coincé sous un des bateaux amarrés à un ponton», a-t-on précisé de source policière ; non loin du lieu où un témoin a découvert le portefeuille du disparu avant de le remettre aux policiers le 10 décembre, déclenchant ainsi les recherches.

Les trois policiers ayant procédé au contrôle sont encore en garde à vue dans le cadre d'une enquête de l'IGPN.

L’homme de 33 ans, d’origine tunisienne, avait été vu pour la dernière fois après son contrôle sur le Cour des Cinquante Otages, non loin de l'embouchure du canal, en amont. Selon l'autopsie, Taoufik Amri est mort par noyade et ne porte aucune trace de coups.

Me Gilbert Collard, défenseur de la femme du disparu, avait expliqué mardi après la découverte du corps que sa « cliente se prépare au pire, pour elle c'est sûr » le corps est celui de son époux. Il avait précisé avoir déposé une plainte pour « disparition suspecte » au tribunal de Nantes, pour pouvoir accéder au dossier.

Parallèlement, le procureur de la République, Stephan Autin a demandé mardi matin une enquête à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, police des polices) sur les trois policiers qui avaient procédé au contrôle de M. Amri suite à des « contradictions importantes entre leurs déclarations et celles des témoins ».
Les trois fonctionnaires ont été placés en garde à vue mardi pour s'expliquer sur les variations dans leurs témoignages quant aux lieux où ils ont procédé au contrôle de M. Amri et où ils disent l'avoir relâché. Ils ont également été confrontés aux deux collègues de M. Amri, qui l'accompagnaient au moment de son interpellation.

La garde à vue est une procédure "classique" après l'ouverture d'une enquête de l'IGPN.


Les faits

Le 22 novembre, Taoufik Amri et deux collègues, tous trois ouvriers intérimaires habitant dans l'Orne mais employés sur un chantier de Cholet dans le Maine-et-Loire, déambulaient dans les rues de Nantes après une journée de repos bien arrosée.

M. Amri a été interpellé pour un contrôle d'identité correspondant au signalement d'un homme qui venait de commettre un vol à l'arraché dans les parages. Les collègues de Taoufik Amri, MM. Jehaider et Mansour Benchenina, ont indiqué que l'interpellation s'était déroulée sans violence, la jugeant même "normale" compte tenu de l'état d'ébriété de leur ami. Libéré peu de temps après, il a ensuite disparu.

L'enquête a confirmé les horaires de l'arrestation, données parles policiers. Le contrôle de Taoufik Amri a eu lieu dans la nuit du 22 au 23 novembre peu après 00H03, et quelques minutes avant que la patrouille de police qui l'avait interpellé ne rentre au commissariat à 00H24, a précisé le procureur dans un communiqué.

Cette même enquête a cependant révélé, selon le procureur, des contradictions sur trois points: les lieux où le contrôle a été effectué et où M. Amri a été relâché, son degré d'ébriété et « la nature des opérations du contrôle » menées. M. Autin, a réaffirmé n'avoir aucune information sur d'éventuels antécédents concernant les trois policiers concernés.

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi avoir demandé « un rapport à l'IGPN pour savoir ce qui s'est passé ». D’autre part, La France a été saisie d'une « demande d'information » par la Tunisie concernant cette disparition.





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