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Sur le vif

Syrie : Marine Le Pen, star d’une chaîne pro-Assad

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 10 Janvier 2013



Dans une interview diffusée sur la chaîne syrienne pro Bachar al-Assad Sama TV début janvier, Marine Le Pen dénonce l’ingérence étrangère dans le conflit syrien.

« Nous nous battons en France pour la souveraineté du peuple français mais nous défendons également la liberté, la souveraineté et l'identité de tous les peuples du monde dont nous pensons qu'ils doivent garder la maîtrise de leur destin », déclare la présidente du Front national (FN).

« J'ai pensé, dès le départ que c'était par la diplomatie que l'on pouvait tenter de trouver la voie du dialogue mais cela n'a pas été le cas. Les puissances occidentales ont fait la même chose qu'en Libye mais de manière secrète. La réalité, c'est que nous avons contribué à conseiller les rebelles syriens qui eux-mêmes ont été pris en main par les islamistes, que nous nous sommes servis de nos alliés qataris et saoudiens pour les armer et qu'aujourd'hui, on est face à une guerre civile dont évidemment les populations sont les premières victimes », dénonce-t-elle.

Si la patronne du FN est si virulente à l’égard de l’intervention étrangère dans les pays touchés par les révolutions arabes, c’est parce qu’elle voit, derrière le soulèvement de peuples opprimés par des dictatures, le spectre de l’islamisme, qui à l’entendre, est le maux de tous les problèmes du monde.

« Nous avions prévu que ces révolutions qui étaient au départ des révolutions sociales allaient être récupérées par les fondamentalistes islamiques et qu'au printemps arabe succéderait l'hiver islamiste », commente ainsi Marine Le Pen. « Je crois que ce risque s'est aussi réalisé à cause de l'aveuglement des pays occidentaux », estime-t-elle.

Alors que le conflit syrien a déjà fait plus de 45 000 morts, dont plus de 31 544 civils, la communauté internationale n’a pas à intervenir, selon elle.

Interrogée par Nader Allouche, un journaliste indépendant, la présidente du FN a pu ainsi exposer sa ligne de politique étrangère. Une vision qui a plu à la chaîne syrienne pro-Assad Sama TV qui appartient au groupe Dounia TV détenu par Rami Makhlouf, un cousin du président syrien Bachar al-Assad, note France 24.

« Marine Le Pen savait dès le départ que cet entretien pouvait être diffusé sur une chaîne favorable au régime du président Assad. Elle ne l'a d'ailleurs pas critiqué contrairement aux rebelles. Je crois qu'elle voulait ainsi casser l'embargo médiatique sur la Syrie », a fait savoir M. Allouche.

Sama TV s'est par ailleurs félicitée dans un communiqué qu'une personnalité politique occidentale ait accepté pour la première fois de parler à un média syrien depuis le début du conflit.

En revanche, l’entretien, qui devait à l'origine être repris par des chaînes libanaises, a été refusé par ces dernières.

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