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Suspense sur la paix en Côte d’Ivoire

Rédigé par Berthet Ali | Vendredi 8 Avril 2005

Une semaine décisive commence en Côte d’Ivoire. Au sortir des pourparlers de Prétoria (Afrique du Sud), les partis du conflit ivoirien s’en sont remis à la décision du président Sud africain, Thabo Mbéki, médiateur désigné par l’Union africaine. Dans un document de six pages, dix-huit points de conflits ont été traités. Mais le cœur du problème que constitue l’article 35 de la constitution portant sur les conditions d’éligibilité à la présidence de la République, est resté sans solution. Les protagonistes s’en sont remis à la décision de Thabo Mbéki qui a demandé un délai d’une semaine.



Une semaine décisive commence en Côte d’Ivoire. Au sortir des pourparlers de Prétoria (Afrique du Sud), les partis du conflit ivoirien s’en sont remis à la décision du président Sud africain, Thabo Mbéki, médiateur désigné par l’Union africaine. Dans un document de six pages, dix-huit points de conflits ont été traités. Mais le cœur du problème que constitue l’article 35 de la constitution portant sur les conditions d’éligibilité à la présidence de la République, est resté sans solution. Les protagonistes s’en sont remis à la décision de Thabo Mbéki qui a demandé un délai d’une semaine.

 

Tous les partis du conflit ont signé les accords. Laurent Gbagbo, à la tête de l’Etat, Guillaume Soro, dirigeant les Forces Nouvelles (ex-rebelles) ainsi que Seydou Diara, Premier ministre de conciliation sorti des accords de Lina Marcoussi ont apposé leurs signatures sur le document de même que Henri Konan, leader du Parti démocratique de Côte d’Ivoire et ex-président de la République.

 

La paix aux deux-tiers

 

Les observateurs attendaient les termes des accords de Prétoria sur le désarmement, sur la tenue des élections et sur l’interprétation de l’article 35 de la constitution ivoirienne.

 

Le désarmement a été résolu. Les signataires se sont engagés à respecter les conditions du désarmement des Forces nouvelles qui tiennent le Nord du pays depuis le début de la crise le 19 septembre 2002.

On se souvient que ce jour-là, des hommes en armes avaient pénétré dans certains lieux symboliques d’Abidjan où ils avaient tué des personnes qu’ils considèrent impliquées dans des exactions contre les populations du Nord du pays. Puis ces hommes se sont retirés pour se fondre à la population. Dans le même temps, dans la ville de Bouaké (centre du pays), éclataient des combats entre des éléments de l’armée. La victoire des rebelles eut pour conséquence la scission du pays entre le Nord et le Sud.

 

Les tentatives de sortie de la crise ont fait de nombreuses avancés notamment à Marcousi en Ile-de-France où le désarmement des rebelles semblait résolu conjointement à leur participation à un gouvernement de transition. Mais les rebelles devenues Forces nouvelles ont conditionné leur désarmement à l’obtention du ministère de la Défense. Ce qui leur sera refusé. Suite à l’accord signé mercredi à Prétoria où tous les partis s’accordent sur le désarmement, une réunion présidée par le Premier ministre est prévue le 14 avril. Les chefs d’états-majors ont mission de convenir du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration des éléments des Forces Nouvelles.

 

Un autre accord décisif a été conclu à Prétoria sur la tenue d’élections présidentielles en octobre 2005. Ce second point délicat du conflit marque une avancée vers une sortie de la crise. Car les élections qui ont porté le président Gbagbo au pouvoir ont été particulièrement boycottées par une large majorité d’ivoirien qui continuent, aujourd’hui encore, à lui nier sa légitimité à la tête de l’Etat. Cette situation si elle ne suffit pas à expliquer la crise ivoirienne, n’en demeure pas moins le facteur d’entretien le plus couramment évoqué. Et rien que la perspective de pouvoir enfin voter, pour ou contre M. Gbagbo, suffit à relancer le jeu des alliances politiques au détriment des alliances militaires.

 

L’avenir passe par l’article 35

 

L’article 35 de la nouvelle constitution ivoirienne, relatif aux conditions d’éligibilité à la présidence de la République, fut la pierre d’achoppement de la réunion de Prétoria. C’est en évoquant cet article que la candidature de l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara, avait été écartée lors des élections qui ont conduit Laurent Gbagbo au pouvoir. Le motif évoqué est la « nationalité douteuse ». Mais, par naïveté politique ou par excès de confiance, l’ironie du sort veut que M. Ouattara ait appelé à voter en faveur de la nouvelle constitution ivoirienne adoptée par référendum. D’une part le rejet de sa candidature est perçu comme un rejet symbolique de l’ensemble des ivoiriens originaires du Nord. D’autre part, son retour dans la compétition politique sera un cinglant désaveu de l’équipe en place. Les positions sont clairement opposées sur la question. A défaut de pouvoir s’entendre, les protagonistes s’en sont remis à Thabo Mbéki qui promet sa réponse dans une semaine. En attendant, c’est toute la Côte d’Ivoire qui retient son souffle.

 





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