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Economie

Suez-Gaz de France, un projet de fusion

| Lundi 27 Février 2006

Annoncé samedi par Dominique de Villepin, la fusion du groupe Suez-Gaz de France a commencé à prendre forme lundi avec l'annonce des modalités. La naissance du nouveau géant de l'énergie ne fait pas l’unanimité dans les classes politiques françaises et italiennes.



L'Etat reste le premier actionnaire

Le groupe italien d'électricité Enel avait manifesté mardi sa volonté d'acheter Suez. Afin de faire barrage au groupe Enel, le gouvernement français a, dans la précipitation, lancé cette fusion pour donner naissance à un géant français et européen de l'énergie afin de faire barrage au groupe italien d'électricité Enel.

Cette fusion doit conduire à la constitution d'un "leader mondial de l'énergie et de l'environnement", selon les deux groupes. L'Etat devant rester le premier actionnaire du nouveau groupe.

Cette opération d'envergure sera finalisée au cours du second semestre 2006, a annoncé samedi Dominique de Villepin.

"Le nouveau groupe, fort d’un chiffre d’affaires de 64 milliards d’euros, figurera dans les tout premiers rangs des acteurs européens de l’énergie et de l’environnement", selon le communiqué de Gaz de France et Suez.

"La fusion sera précédée du versement par Suez à ses actionnaires d'un dividende exceptionnel de 1 euro par action, soit 1,25 milliard d'euros", ajoutent les deux groupes.


Gérard Mestrallet, président de Suez, devrait prendre la tête du nouveau groupe, le patron de GDF Jean-François Cirelli devenant le numéro deux.

Le ministre des Finances Thierry Breton a annoncé que la fusion se ferait par "fusion absorption" du groupe d'énergie et d'environnement par Gaz de France.

Une énorme violation du droit communautaire

Cette fusion fait l’objet de nombreuses critiques. Silvio Berlusconi, le chef du gouvernement italien, a appelé l'UE à intervenir. Quant au ministre italien de l'Industrie Claudio Scajola, il dénonce "une énorme violation du droit communautaire".

Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne, a estimé que la fusion allait à l'encontre de la volonté de l'UE de former des champions européens.

Pour le partie socialiste, "il n'y a pas de logique industrielle" mais une "logique financière". "Improvisation, précipitation, privatisation", a résumé le premier secrétaire François Hollande. Le PCF a demandé "l'abandon immédiat" du projet, estimant que le gouvernement "sacrifie l'intérêt national aux appétits boursiers".






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