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Société

Sitting pour la paix devant le mur de la paix

Le collectif Banlieue Respect appelle à la paix

Rédigé par Nicolas Mom | Mercredi 16 Novembre 2005

« Respect », « paix », « halte à la violence ». Tels étaient les maîtres mots ce vendredi 11 novembre lors du sitting sur la place du Champs de Mars, devant le Mur de la paix. Organisé à l’initiative du collectif Banlieue Respect, regroupant diverses organisations dont le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) et Africagora, le rassemblement a vu accourir plus de journalistes, de tous horizons , que de participants. La faute sûrement au changement de programme à la dernière minute. La marche parisienne initialement prévue de la place de la concorde à la place Charles de Gaule Etoile a été finalement annulée et remplacée par un sitting en face du mur de la paix.



Rassemblement du collectif le 11 novembre 2005
Rassemblement du collectif le 11 novembre 2005
Situé au bout du champs de mars, en face de l’école militaire, se dresse le mur de la paix. Mouchoir blanc à la main, les organisateurs se sont exprimés tour à tour. Des jeunes ont aussi exprimé leur mécontentement. Le collectif composé actuellement d’environ 155 associations s’est formé suite aux émeutes qui ont embrasé la France ces dernières semaines.

Mouloud Aounit, secrétaire général du Mrap
Mouloud Aounit, secrétaire général du Mrap

« Qu’est ce qu’être français ?…. On a des jeunes plus français que Sarkozy ! »

Mouloud Aounit, secrétaire générale du MRAP était de la partie. Micro à la main, il s’est exprimé sans langue de bois. « Cela fait plus de 30 ans que l’on connaît les véritables problèmes des banlieues. C’est le chômage, la relégation, l’abandon, la discrimination. Il ne peut pas y avoir de paix durable sans justice ! » Pour lui, il faut changer les mentalités de ceux qui nous gouvernent. « Il faut que nos politiques fassent leur révolution mentale autour de la question de qu’est ce qu’être Français ? On a des gamins qui sont de la quatrième génération et qu’on continue d’appeler issus de l’immigration alors qu’ils sont plus Français que Sarkozy ! »

« Hier on matait vos parents, aujourd’hui c’est vous ! »

Revenant sur les dispositifs mis en place par le gouvernement, Mouloud Aounit critique sans ménagement ces initiatives. « Depuis quatre jours, il y a une véritable provocation politique. On parle de couvre feu, c’est comme si on envoyait un message « hier on matait vos parents pendant la guerre d’Algérie, aujourd’hui c’est vous ! Et puis la remise de la double peine... on atteint le sommet de l’amalgame : violence, islam, banlieue ! »

Dogad Dogoui, fondateur d' AFRICAGORA
Dogad Dogoui, fondateur d' AFRICAGORA

Africagora, une place pour tous

Des manifestants arboraient des t-shirts oranges frappés du slogan « une place pour tous ». Un combat mené par les représentants d'Africagora. Cette association travaille sur l’intégration économique et professionnelle. « Je suis là pour lancer un cri de colère. La banlieue est mise de côté. 90% des gens que nous suivons viennent des quartiers. La première chose que je voudrais dire, c’est d’arrêter la violence, la deuxième chose c’est qu’il ne faut pas oublier qu’il y a des talents dans ces quartiers, mais qui doivent être partie prenante ! » explique Dogad Dogoui, président de l’association. Il a appelé à la conscience politique des jeunes qui « peuvent faire bouger les choses en votant. »

Dieudonné
Dieudonné

« Je comprends la colère de ces jeunes »

L'humouriste Dieudonné a rejoint le sitting. Déjà très impliqué dans la lutte contre le racisme antinoirs, l'artiste franco-camérounais n'a pas refusé le micro qui lui a été tendu: « Je suis venu pour écouter la bonne parole, pour voir qui va nous guider vers la lumière. Sos racisme va-t-il récupérer le mouvement ? je ne l’espère pas. Ce serait une grosse erreur ! Sos Racisme a récupéré le débat du racisme, et l’a instrumentalisé et est en grande partie responsable de ce qui se passe en ce moment » , analyse-t-il. Venu en simple observateur, Dieudonné a néanmoins condamné une politique de deux poids deux mesures. « Marc Olivier Fogiel a été condamné pour racisme. Il continue à travailler en tant que journaliste sur France 3, pour le service publique. Le racisme anti-noir serait-il un racisme moins important que les autres ? En plus de subir l’injustice sociale, certains vivent l’injustice raciale. Je comprends la colère de ces jeunes. »
Ce rassemblement de Paris fait écho à d'autres initiatives de rassemblements citoyens appelant les jeunes des quartiers populaires à cesser leur révolte. Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy et le Premier ministre, Dominique de Villepin, tentent de réunir les acteurs sociaux pour trouver une issue à cette crise sans précédent. Mais M. Sarkozy apparaît comme l'homme qui a allumé la mêche. Sa posture est pour le moins délicate pour éteindre ces feux dont il est souvent accusé.




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