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Seine-Saint-Denis : Dalil Boubakeur appelle à la 'sérénité'

Banlieues

Rédigé par La Rédaction | Mercredi 2 Novembre 2005

Après ce qui est désormais communément et pudiquement appelé les « événements » du 27 octobre dernier, les incidents se multiplient à Clichy-sous-Bois. L’ambiance s’en ressent : elle est quasi insurrectionnelle et s’est propagée cette nuit à d’autres communes de Seine Saint Denis. Bilan : une soixantaine de voitures brûlées, une dizaine de jeunes interpellés. Les habitants ainsi que les autorités religieuses ne cessent d’appeler la population au calme, tandis qu’hier soir, le président du CFCM et recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, s’est rendu à la mosquée de Clichy-sous-Bois afin d’y rompre le jeûne.



Seine-Saint-Denis : Dalil Boubakeur appelle à la 'sérénité'
Hier soir mardi, Dalil Boubakeur, le président du CFCM (Conseil Français du Culte Musulman), accompagné d’une délégation du même Conseil, s’est rendu à la mosquée de Clichy sous Bois, celle-là même qui fut touchée dans la soirée de dimanche par une grenade lacrymogène très vraisemblablement lancée par la police, afin d’y « rompre le jeune et observer une prière collective pour le calme et la sérénité de tous ». Le recteur de la mosquée de Paris a affirmé à sa sortie que « l’émotion était à son comble », et a témoigné de sa « solidarité » à l’égard de ses « frères ». « J’ai besoin d'éclaircissements sur la mort des adolescents et de connaître des éléments de l'enquête sur les grenades» a-t-il précisé.

Pourtant, dans la nuit de mardi à mercredi, les échauffourées se sont poursuivies entre jeunes et forces de l’ordre, se propageant même à d’autres communes et cités du département de Seine-Saint-Denis. Ainsi, les villes de Sevran, Montfermeil, Tremblay-en-France et Aulnay-sous-Bois se sont elles aussi enflammées. « Si ça pète, ça peut partir dans tous les sens. Et c'est ce qui est en train de se passer » s’est alarmé le maire PCF de Sevran, Stéphane Gatignon. « On a l'impression d'être pris en otages par le discours sécuritaire de certains et, qui plus est, pour des ambitions présidentielles » a-t-il conclu, amer.

Depuis la mort de deux adolescents électrocutés dans un transformateur EDF, le département de Seine Saint Denis, et plus particulièrement la ville de Clichy sous Bois, vit sous tension. Et les propos plus que provocateurs du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, n’hésitant pas à parler de « racailles » pour désigner les jeunes, renforçant toujours plus les effectifs des forces de l’ordre, ne vont pas dans le sens de l’apaisement.

Les deux familles des adolescents décédés, qui avaient refusé de rencontrer le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, et que les proches de ce dernier ont accusé d’être « instrumentalisées par l'avocat Jean-Pierre Mignard, membre du PS et proche de François Hollande », ont été reçues par le premier ministre Dominique de Villepin hier. Ce dernier a par la suite déclaré que « toute la lumière serait faite sur les circonstances de cet accident. Une enquête préliminaire du Parquet de Bobigny et une enquête administrative de l'Inspection générale des services sont actuellement en cours : leurs conclusions seront portées à la connaissance des familles dès que possible ».

Par ailleurs, les propos du ministre de l’Intérieur ont créé la polémique au sein de la classe politique et du gouvernement. Azouz Begag, ministre délégué à la promotion et à l’égalité des chances, s’est élevé contre des qualificatifs qu’il juge inappropriés : « Il ne faut pas dire aux jeunes qu'ils sont des racailles, il ne faut pas dire aux jeunes qu'on va leur rentrer dedans et qu'on va leur envoyer la police. Il faut y aller avec une volonté d'apaisement ».





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