En islam, où la pudeur est de mise, interdisant de dévoiler ses parties intimes, la question se pose parmi les religieux. Il y a ceux qui s'y opposent formellement, comme le mufti de Tunisie, le cheikh Othman Batikh, qui a affirmé dans un entretien accordé à la presse locale que l'utilisation du scanner corporel est « contraire aux préceptes de l’islam mais également en contradiction avec les préceptes des religions révélées (chrétienne et juive, ndlr) », et « porte atteinte à la dignité humaine ».
Quant au Conseil du fiqh d'Amérique du Nord, il préconise aux musulmans d'opter pour la fouille corporelle. Dans un communiqué, l'organisation indique que les « enseignements islamiques sont explicites : (...) les hommes et les femmes ne sauraient être vus nus par d’autres hommes et femmes. »
Contacté par Saphirnews, Dar al-Fatwa, organisation proche de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), qui rassemble des érudits musulmans aptes à émettre des avis religieux en France, estime, pour sa part, que cette nouvelle méthode serait acceptable seulement si la personne postée derrière l'écran est une personne du même sexe que le voyageur examiné. « Sinon, il vaut mieux passer à la fouille, qui est de manière sûre effectuée par une personne du même genre. »
Et si le passage au scanner corporel devenait obligatoire ? « Les autorités n'ont pas mis ce système en place pour plaisanter. Avec la multiplications des attentats, il leur faut prendre les mesures nécessaires et, en tant que musulmans, nous devons nous y plier », nous déclare l'imam de Dar al-Fatwa, à une condition tout de même : « Que les parties génitales soient floutées. »