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Sarkozy politise l’antisémitisme et accuse

Rédigé par Bamba Amara | Samedi 1 Mai 2004

« …Après cinq années du gouvernement Jospin, on était arrivé à faire croire aux Etats-Unis que la France était un pays antisémite. » La phrase est signée de M. Sarkozy à la tribune de l’Assemblée nationale. Il répondait à Philippe Martin, député socialiste du Gers. M. Martin reprochait à M. Sarkozy d’avoir mis en avant son prestige personnel lors de son dernier voyage aux Etat Unis à l’invitation d’associations juives américaines. La réponse du ministre a créé un véritable scandale dans l’Hémicycle.



« …Après cinq années du gouvernement Jospin, on était arrivé à faire croire aux Etats-Unis que la France était un pays antisémite. » La phrase est signée de M. Sarkozy à la tribune de l’Assemblée nationale. Il répondait à Philippe Martin, député socialiste du Gers. M. Martin reprochait à M. Sarkozy d’avoir mis en avant son prestige personnel lors de son dernier voyage aux Etat Unis à l’invitation d’associations juives américaines. La réponse du ministre a créé un véritable scandale dans l’Hémicycle. 

 

Une authenticité de « voyou »

Considéré comme « l’homme fort » du gouvernement Raffarin II, ancien ministre de l’Intérieur devenu ministre de l’Economie, M Sarkozy persiste et signe. Hier, en déplacement à Chinon (Indre-et-Loire), le très médiatique ministre a commenté sa déclaration à l’origine de l’incident survenu dans l’Hémicycle : « J'ai dit la vérité telle que je la percevais. Si elle gène certains, qu'ils s'attendent à être gênés bien souvent, parce que j'ai l'intention de mettre un peu d'authenticité dans le débat politique français».

 

Ce mercredi, suite aux accusations du ministre, les députés socialistes de l’opposition avaient vivement protesté exigeant « des excuses » de M. Sarkozy. M. Henry Emmanuelli, député (PS) des Landes, avait alors traité M. Sarkozy de « voyou ». Il faut dire qu’à la veille de cet incident, M. Emmanuelli avait déjà été publiquement menacé par M. Sarkozy.

 

La banalisation de l’antisémitisme

Les propos de M. Sarkozy sont dénoncés par M. Pierre Aidenbaum, Président d'honneur de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme, par M. Henri Hadjenberg, ancien Président du Conseil représentatif des institutions juives de France.

 

Il ne fait de doute que les membres de l’ancien gouvernement socialiste de M. Jospin considéré comme proche de l’Etat d’Israël sont contrariés par les propos de M. Sarkozy. Car ce gouvernement avait été jugé trop pro-israélien lorsque le Premier ministre Lionel Jospin, en visite officielle en Palestine, avait qualifié les résistants palestiniens de « terroristes », adoptant ainsi la terminologie israélienne, en contradiction avec les pratiques d’usage de la diplomatie française.

Par ailleurs, le PS n’a pas hésité à instrumentaliser l’antisémitisme pour mener une campagne de dénigrement contre M. Tariq Ramadan, le charismatique leader musulmane dont la pensée tente de redorer le blason de la jeunesse musulmane de France. Ces accusations socialistes prétextant d’un article d’analyse de l’universitaire Ramadan, étaient plutôt motivées par la légendaire méfiance de la gauche envers le fait religieux en général et envers le fait musulman en particulier.

 

Les propos de M. Sarkozy à l’encontre de l’opposition socialiste apparaissent ainsi comme un retour de bâton dont il faut savoir tirer les leçons. A vouloir nier l’islamophobie galopante en lui opposant l’antisémitisme ambiant, le risque majeur est la fausse surenchère conduisant à la banalisation. L’usage de l’antisémitisme comme artifice stratégique pour avoir le dessus sur des adversaires politiques, n’est qu’une simple conséquence de cette attitude. Car si le PS de France est accusé d’antisémitisme, il faudra bientôt redéfinir l’antisémitisme.

 





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