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Société

Sarkozy en banlieue

| Samedi 14 Avril 2007

A huit jours du premier tour, Nicolas Sarkozy fait enfin une visite en banlieue. Hier, le candidat UMP à la présidentielle s’est rendu dans une cité de Meaux (Seine-et-Marne) où il a débattu durant une heure avec des habitants et des responsables associatifs.



C’est dans un climat passionné, parfois tendu, que Nicolas Sarkozy et les habitants dans la cité Beauval à Meaux ont débattus sur des sujets tels que : "Kärcher", "racailles", "moutons égorgés dans la baignoire" ou encore "discrimination positive".

Racaille et Kärcher

Au menu de cette visite ont été abordés des sujets qui fâchent entre l'ex-ministre de l'Intérieur et les habitants des quartiers de Meaux dans une petite salle de sport située au bas d'une tour, et en premier lieu les mots "racaille" et "Kärcher" employés par M. Sarkozy.

Le candidat UMP a persisté et signé. Invité par un homme d'origine africaine à retirer ces deux mots, M. Sarkozy est revenu longuement sur les circonstances qui l'avaient conduit à les utiliser. A propos du mot "racaille", lâché lors d'une visite mouvementée dans la soirée du 25 octobre 2005 sur la dalle d'Argenteuil (Val d'Oise), il a rappelé avoir repris l'expression d'une "femme d'origine maghrébine" qui lui avait demandé de "débarrasser" le quartier des "racaille".

"J'ai bien l'intention de continuer à appeler un voyou, un voyou, une racaille, une racaille", a poursuivi M. Sarkozy, malgré les remous dans la salle. "Ce n'est pas un mot qui est insultant, ce qui est insultant c'est de se comporter comme un voyou. Jamais je n'ai dit que tous les habitants d'Argenteuil étaient des voyous."

De même, M. Sarkozy a justifié sa promesse, faite en juin 2005, de "nettoyer au Kärcher" la cité des 4.000 à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) en expliquant que cette demande venait des habitants eux-mêmes. "Ils m'ont dit de nettoyer parce qu'ils n'en pouvaient plus", a-t-il dit.

Les femmes battues, le mouton égorgé

Plus tôt, la discussion avait failli déraper quand un homme d'une quarantaine d'année, revendiquant haut et fort sa nationalité française et son statut d'entrepreneur, avait dit se sentir "insulté" par les déclarations de Nicolas Sarkozy.

"Quand je vous écoute à la télé, j'ai envie de vomir", dit cet homme. "Vous commencez vos discours par les femmes battues, le mouton égorgé (...) Moi je suis musulman, je suis intégré mais vous, vous êtes en train de créer la séparation entre les gens (...) Vous ne parlez que des choses mauvaises aux gens, vous faites peur aux gens !"

"Ce n'est pas la peine de me montrer du doigt comme ça !" réplique le candidat. "Non seulement je n'ai jamais insulté vos compatriotes de confession musulmane, mais je les ai aidés."

"Vous vous permettez de me faire des reproches qui sont une caricature aussi violente que la caricature (du président du Front national Jean-Marie) Le Pen à mon endroit", ajoute-t-il.

L'ex-ministre de l'Intérieur est aussi interpellé sur les contrôles policiers au "faciès", la nomination de préfets musulmans, son projet de politique "d'immigration choisie".

Plan Marshall 2

M. Sarkozy s'est engagé à appliquer à partir du 1er janvier 2008 son "plan Marshall 2" pour offrir "une formation, un emploi, une rémunération, un travail" à 250.000 jeunes des quartiers, à condition que ces derniers "acceptent de se lever tôt le matin". "Avant la fin 2007", une loi sera votée, les crédits seront mobilisés et un accord trouvé avec les partenaires sociaux, a-t-il promis, opposant son projet à celui de la gauche, qui a "laissé tomber et condamné à l'assistanat" les quartiers.

Interpellé par une jeune fille de niveau Bac+5 sur les discriminations à l'embauche, il a proposé que celles-ci soient punies comme un délit.

Le candidat de l'UMP à l'Elysée a longtemps hésité à se rendre à ce rendez-vous de la cité Beauval, tenu secret par son entourage, où il est arrivé avec plus d'une heure et demie de retard, précédé par sa porte-parole Rachida Dati et le ministre délégué au Budget Jean-François Copé, maire de Meaux.





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