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Sans-papiers lillois : la justice examine les recours

| Mardi 7 Août 2007

Hier, les tribunaux administratifs ont commencé à examiner les recours contre des arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière d'une partie des 86 sans-papiers, placés dans la foulée en rétention après leur interpellation le 1er août. Depuis, 66 d'entre eux ont été remis en liberté.



66 remis en liberté

Pour l’heure, cinq recours examinés hier –ceux de quatre Guinéens et un Marocain- ont été rejetés. Seuls trois des sans-papiers concernés se sont présentés au tribunal, dont deux qui n'ont pu être entendus en raison de leur état de santé. En grève de la faim, ils sont apparus très affaiblis, l'un restant même allongé par terre dans le hall. L'un des absents, également gréviste de la faim, était hospitalisé à Armentières (Nord), selon des soutiens.

Dans la semaine, la justice administrative lilloise doit statuer sur 34 dossiers.

A Toulouse, un sans-papiers lillois a vu son recours accepté et a donc été libéré, tandis que trois de ses compatriotes guinéens ont eu leur demande rejetée.

Les dossiers de 13 autres sans-papiers lillois doivent être prochainement examinés à Rennes, Toulouse et Bordeaux, où ils ont été envoyés en rétention.

Sur les 86 sans-papiers placés dans divers centres de rétention après leur arrestation le 1er août à Lille, 66 ont été remis en liberté depuis vendredi par des juges des libertés et de la détention (JLD), qui ont refusé la prolongation de leur rétention demandée par la préfecture.

Des irrégularités flagrantes

Selon l'avocate de plusieurs d'entre eux, Me Isabelle Corrales, les procédures d'interpellation, de placement en garde à vue ou en rétention, "bâclées", présentaient des "irrégularités flagrantes".

"C'était ni fait, ni à faire", a expliqué le conseil, en évoquant par exemple le défaut de signature de l'intéressé sur des documents, "l'absence de pièces administratives essentielles" au dossier ou d'interprète lors des procédures.

Se refusant à tout commentaire sur ces libérations, la préfecture a simplement indiqué à l'AFP que "les procédures (avaient été) normalement examinées par le juge des libertés qui a pleine compétence pour accorder ou ne pas accorder des prolongations de rétention". Elle a cependant souligné qu'elles ne préjugeaient en rien des décisions concernant les expulsions.

C’est la grosse rafle

Interrogée par l'AFP, Marie-Christine Blandin, sénatrice Verte du Nord, a fustigé "une arrestation massive aveugle". Alors que le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy affirme qu'il ne procédera "pas (à) des régularisations massives" mais examinera les dossiers "au cas par cas", "le préfet du Nord nous prouve le contraire: ce n'est pas du cas par cas, c'est la grosse rafle", a-t-elle dénoncé.

En visite samedi le centre de rétention de Lesquin (Nord), Mme Blandin a souligné qu'elle y avait "rencontré des gens complètement traumatisés par la violence de leur arrestation, violences physiques (...) mais surtout psychologiques", les interpellés ayant par exemple été traités, selon elle, de "bougnoules" par les policiers.

Alors que les sans-papiers poursuivaient leur grève de la faim, les pompiers ont indiqué lundi avoir dû transporter, comme la veille, une vingtaine de personnes vers des hôpitaux. Une situation qui engendre parfois tension ou lassitude, les pompiers évoquant des "manoeuvres répétitives" et le Samu reconnaissant des difficultés.

Mercredi, environ 120 personnes, essentiellement des Algériens et Guinéens, avaient été interpellées dans le parc de la Bourse du travail de Lille, où elles s'étaient installées avec des tentes le 25 juillet. Une soixantaine affirmait observer une grève de la faim, pour certaines depuis le 15 juin, afin d'obtenir une régularisation.





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