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Psycho

Sakina : « C’est un homme bien, mais je ne veux pas d’enfants »

Rédigé par Lalla Chams en Nour | Mercredi 29 Juillet 2015



Sakina : « C’est un homme bien, mais je ne veux pas d’enfants »
Salam alaykoum. Voilà, je suis Sakina, 35 ans, mariée depuis deux ans et demi, sans enfants.
Je travaille, je suis cadre et je gagne plutôt bien ma vie.

Avant de me marier, j’ai fréquenté un homme pendant dix ans, que j’aimais sincèrement. Suite à une grosse déception, trop d’attente car ses parents ne voulaient pas qu’il m’épouse, j’ai donc décidé de mettre un terme à notre relation et quelques mois plus tard je me suis mariée avec l’homme avec lequel je suis aujourd’hui, je me rends compte aujourd’hui que j’ai un peu précipité les choses.

Au début, c’était bien, premier mois de mariage. Et très rapidement, les sentiments se sont envolés.

On s’entend bien, on rigole mais les sentiments ne sont plus présents. Dès les premiers mois de notre mariage, je lui ai parle de ce manque d’amour, manque d’attention, il m’a répondu qu’il fallait laisser le temps faire les choses.

Le problème, c’est que, aujourd’hui, ça fait deux ans et rien n’a changé, sauf qu’un fossé s’est creusé entre nous. J’ai des blocages lors de nos relations sexuelles avec lui. Il est patient et n’insiste pas.

J’ai l’impression que nous sommes des colocataires, des amis mais pas un couple. Il ne me prend jamais la main... Pas d’affection. La seule fois qu’il me touche, c’est lors des relations sexuelles. On ne dort pratiquement jamais ensemble. Je crois que je ne l’aime plus et je ne sais pas si, en fait, je l’ai déjà aimé.

C’est un homme très gentil, respectueux, un homme bien, proche de Dieu, spirituel, sportif.
Mais là, je suis un peu perdue, je ne veux pas d’enfants tant que ce problème n’est pas réglé. Je ne sais plus quoi faire.

Pour lui, tout est normal. Mais moi, je ne suis pas heureuse.
Je ne trouve pas ça normal, ça fait plus d’un an et demi que ça dure, je suis perdue.

Dois-je encore être patiente et espérer que ça change ? Dois-je mettre un terme à cette relation car je ne pense pas que sans amour ça puisse marcher ?

Aujourd’hui, quand je lui en parle, il me dit que j’exagère, j’ai essayé de faire des efforts, même lui, mais j’ai peur qu’il soit trop tard.

Merci pour votre aide, donnez-moi des conseils svp, que dois-je faire ?
Sakina

Lalla Chams en Nour, psychanalyste

Votre lettre commence par évoquer un amour que vous avez laissé par impatience. Même si j’admets qu’un homme qui n’ose pas épouser une femme qu’il aime pour plaire à ses parents ne donne pas envie qu’on se livre à lui : quelle autonomie psychique possède-t-il ?

Seriez-vous restée dans la nostalgie de cet attachement-là ? De cette histoire inachevée ? C’est peut-être ce qui vous a empêchée de vous consacrer entièrement à votre mari, qui, pourtant, a l’air, lui, bien patient !

Si vous avez fait des efforts et que, cependant, vous n’avez pas envie d’avoir un enfant avec cet homme, c’est, semble-t-il, la preuve que votre avenir avec lui est bien compromis.

Le risque, c’est de laisser passer une seconde fois un homme qui, pourtant, présente d’intéressantes qualités. Seriez-vous, inconsciemment, bloquée plus profondément que vous ne le pensez dans votre relation à l’homme ?

Vous semblez organiser l’échec à chaque relation, cela mérite d’être soumis à votre réflexion.

Si c’est le cas il vous faut alors revenir sur votre histoire, votre enfance, votre relation à votre père, et ce serait plus sûr d’y retravailler avec un psychologue ou un psychanalyste, cela vous permettrait de ne pas rester dans ce cercle vicieux qui vous fait échouer dans vos relations conjugales.

La rubrique « Psycho », qu’est-ce que c’est ?

Des psychologues et psychanalystes répondent à vos questions. Musulman(e)s du Maghreb ou de France, professionnel(le)s actif(ve)s exerçant en cabinet, ils réfléchissent à votre problématique et tentent de vous éclairer à travers leur expérience professionnelle et leur pratique spirituelle. Ils peuvent vous aider à y voir plus clair en vous-même ou à mieux décrypter le comportement des personnes de votre entourage.
Ils ne sont pas médecins, même si on les désigne parfois comme des « médecins de l’âme », mais leur rôle est de vous aider à trouver en vous-même la meilleure réponse à vos interrogations sur vos relations aux autres, votre conjoint ou conjointe, vos parents, vos frères et sœurs, vos amis, vos collègues de travail, vos voisins...
Alors, n’hésitez pas, interrogez-les, ils tenteront de vous répondre en s’éclairant des plus belles pensées de l’islam.
Contactez-les (anonymat préservé) : psycho@saphirnews.com





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