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Saddam Hussein refuse de comparaître devant un « tribunal injuste ».

| Mercredi 7 Décembre 2005

Le procès de Saddam Hussein connaît un nouveau rebondissement et pas des moindres puisque l’ancien président irakien refuse de comparaître devant les juges. Cela a retardé le début de la cinquième audience de son procès qui s'est donc ouverte sans lui devant le Haut tribunal pénal irakien pour le massacre de 148 villageois chiites dans les années 1980.



"Le tribunal poursuivra le procès et informera l'accusé de son déroulement, pendant son absence. Je parle de Saddam Hussein", a indiqué le président du tribunal Rizkar Amine à l'ouverture de l'audience.

"Je n'y retournerai pas »

A la fin de l'audience de mardi, Saddam avait déclaré à haute voix qu'il ne retournerait plus au tribunal, se plaignant de ne pas avoir de vêtements propres pour se changer et d'être privé de douche et d'équipements sportifs. "Je n'y retournerai pas. Je ne comparaîtrai pas devant un tribunal injuste. Allez au diable", a-t-il crié devant la cour.
Ce boycott donne un grand coup au procès, qui a souffert de reports, de matériels défectueux et de dépositions décousues depuis son ouverture le 19 octobre. Il a déjà été ajourné deux fois, la première pour permettre à la défense de se préparer, la seconde après l'assassinat de deux avocats de Saddam.
Le juge Rizgar Amine s'est entretenu du problème à huis clos avec les défenseurs de Saddam avant de prendre la décision d'aller de l'avant. Les sept coaccusés de l'ancien raïs ont alors regagné la salle d'audience et un nouveau témoin a été convoqué.

Les chances de conformité aux règles internationales sont faibles

Malgré l’absence de l’ancien président irakien le procès peut aller à son terme, selon le droit irakien sur lequel le tribunal se fonde en l'associant à des principes de droit international.
Les accusés, qui risquent la peine de mort, ont qualifié leur procès de mascarade et l'ont fréquemment perturbé, haranguant le juge et accusant de mensonge des témoins qui ont presque tous fait leurs dépositions derrière un rideau par crainte de représailles.
Le président américain George W. Bush a affirmé que le procès "montre le changement qui a eu lieu dans la société irakienne" et le Premier ministre irakien, Ibrahim Jaafari, a souligné qu'il était équitable.
Saddam et sept de ses principaux adjoints sont inculpés pour l'assassinat de 148 chiites du village de Doujaïl, au nord de Bagdad, en 1982. Saddam Hussein risque la peine capitale s'il est reconnu coupable
Après quatre audiences, certains observateurs ont exprimé des doutes sur la solidité du dossier de Doudjail et le président du TSI a recommandé à certains témoins de condenser leurs dépositions souvent peu cohérentes.
Le responsable de l'Onu pour les droits de l'homme en Irak a jugé faibles les chances de conformité du procès aux règles internationales. De leur côté, des observateurs et conseillers juridiques internationaux ont exprimé des craintes concernant la protection des témoins, la sécurité et le fait que la peine de mort ne peut être commuée une fois prononcée.







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