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Arts & Scènes

« Sacrées graines » : le couscous fait roi

Rédigé par Samba Doucouré et Huê Trinh Nguyên | Mercredi 7 Septembre 2016

L’Institut des cultures d’islam effectue sa rentrée avec une programmation autour de la thématique du couscous et de sa graine de blé. Du 15 septembre au 15 janvier 2017, les visiteurs de l’ICI pourront mettre à profit leurs cinq sens et redécouvrir ces « sacrés graines ».



« Ni, ni, ni » (de Zoulikha Bouabdellah, 2007) est une des œuvres présentées dans l’exposition « Sacrées graines », qui ouvrira ses portes du 15 septembre au 15 janvier 2017, à l’Institut des cultures d’islam (Paris 18e). (Photo : © Zoulikha Bouabdellah)
« Ni, ni, ni » (de Zoulikha Bouabdellah, 2007) est une des œuvres présentées dans l’exposition « Sacrées graines », qui ouvrira ses portes du 15 septembre au 15 janvier 2017, à l’Institut des cultures d’islam (Paris 18e). (Photo : © Zoulikha Bouabdellah)
« Le plat préféré des Français » est mis à l’honneur par l’Institut des cultures d’islam pour cette rentrée 2016-2017. Pour Bariza Khiari, la nouvelle présidente de l’ICI, « le couscous, appelé communément graine, est au cœur du partage, notamment à l’occasion des fêtes et des célébrations rituelles. Il fait partie d’un patrimoine culturel et traditionnel commun à l’aire arabo-musulmane et méditerranéenne ».

Pierre angulaire de la programmation de rentrée, l’exposition « Sacrée graines » met en avant les créations de plusieurs plasticiens (Mehdi-Georges Lahlou, Yazid Oulab, Younès Rahmoun, Ymane Fakhir, Zoulikha Bouabdellah, Mircea Cantor, Ninar Esber, Malek Gnaoui, Laurent Mareschal, Jean Luc-Moulène, Martin Parr, Naz Shahrokh, Abdelkrim Tajiouti) qui détournent des graines de blé, des passoires, des tamis et autres accessoires du champ lexical du couscous.

Zoulikha Bouabdellah, à travers son œuvre Ni, ni, ni, où l’on observe une femme se cacher les yeux, les oreilles puis la bouche, avec une passoire, dit vouloir dénoncer le système patriarcal qui confine et exclut les femmes.

Ustensile de cuisine au quotidien dans les pays d’Asie, d’Afrique subsaharienne et du Maghreb, les tamis reliés et percés de munitions en or et en béton deviennent œuvre monumentale avec l’artiste Mircea Cantor. Intitulée Don’t judge, filter, shoot, cette œuvre, par sa forme, n’est pas sans rappeler les rosaces d’église.

Yazid Oulab, quant à lui, transforme une simple peau de mouton en un couteau aiguisé. Combinant la douceur de la laine et le symbole de la lame, son œuvre évoque à la fois le vivant et l’inerte et fait référence au sacrifice d’Abraham, présent dans les trois religions monothéistes.

Autour du plat

L’exposition « Sacrées graines » ouvre la curiosité, l’esprit mais aussi l’appétit. L’ICI en a tenu compte dans sa programmation, en proposant des activités culturelles qui se concluent par des dégustations de couscous.

Le 2 octobre, La Graine et le Mulet, le chef-d’œuvre d’Abdellatif Kéchiche (grand prix du jury de la Mostra de Venise 2007, quatre César 2008, dont celui de meilleur film) sera projeté au cinéma Le Louxor (Paris 18e). Le film met en scène un pêcheur du port de Sète au chômage qui, soutenu par sa famille recomposée, décide d’ouvrir un restaurant sur un vieux bateau. La projection sera suivie d’un couscous au poulet (et malheureusement pas au mulet) au Café de l’ICI.

Les 6 et 7 janvier 2017, la pièce de théâtre Moi, le couscous et Albert Camus proposera une réflexion philosophique autour de L’Étranger, de Camus. Pendant la représentation, le public assistera à la préparation d’un couscous qu’il partagera à la fin.

Enfin, l’Institut des cultures d’islam propose aussi de la nourriture académique avec une table ronde, le 17 novembre, intitulée « Les aventures d’une graine sacrée ». Les origines disputées de la graine, sa place dans la tradition, la délicate question de la transmission et de l’appropriation seront discutées avec des interventions de Sylvie Durmelat, professeure à l’université de Georgetown qui a travaillé sur les représentations culturelles du couscous, et l’ethnologue et restauratrice Fatema Hal.

Avec les artistes invités et les conférences et activités organisées autour du couscous, les deux commissaires d’exposition Elsa Blanc et David Régnier entendent ainsi proposer « un regard sur l’état du monde et de notre société, et casser, s’il en reste, les clichés qui sont associés à ce plat polysémique ».

PROGRAMME : la sélection de Saphirnews

Hommage à Muhammad Ali
● Samedi 24 septembre, de 17 h 30 à 21 h 30 : conférence avec Philippe Colin, animateur et production de l’émission « L’œil du tigre », Nacira Guénif, sociologue, et Maboula Soumahoro, spécialiste en études afro-américaines ; suivi de la projection du film Muhammed Ali the Greatest, de William Klein.

Islams d’ICI
● Jeudi 6 octobre, à 19 h : conférence « Les visages de l’islam français », avec Anne-Sophie Lamine, sociologue, et Patrick Simon, socio-démographe.
● Jeudi 3 novembre, à 19 h : conférence « Histoires du voile », avec les sociologues Fatiha Ajbli et Claire Donnet.

Histoire des trois monothéismes
● Les mercredis 21 septembre, 5 octobre, 9 novembre, 7 décembre, à 18 h 30 : séminaire mensuel ouvert à tous de l’historien Dominique Borne sur l’histoire du judaïsme, du christianisme et de l’islam au Moyen Âge et à la Renaissance.

L’art et les droits humains
● Samedi 15 octobre, à 15 h : présentation de la Déclaration de Carthage qui promeut un statut de protection des artistes persécutés ou exposés à des risques de violence ou d’entraves aux libertés.

Concerts
● Samedi 8 octobre, à 20 h : répertoire méditerranéen de chants arabo-andalous et judéo-espagnols avec Sandra Bessis.
● Mercredi 19 octobre, à 20 h : chants polyphoniques et contes de Nouvelle-Calédonie avec le groupe Vocal.
● Vendredi 21 octobre, à 21 h : Hammam Mix, un mélange de musique traditionnelle et d’arts numériques, avec Hatim Belyamani.






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