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Religions

Revers dans le projet de construction de la grande mosquée de Marseille

| Mercredi 18 Avril 2007

Le contrat de bail que la ville de Marseille a signé avec l’association La Mosquée de Marseille devrait être résilié. C’est ce qu’a décidé le tribunal administratif, saisi par des représentants du Front national (FN), du Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Maigret et du Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers, et qui a estimé que les termes du contrat aboutissaient à une subvention cachée du culte musulman.



Le 17 juillet 2006, le coup d’envoi du projet de grande mosquée à Marseille était donné suite à une délibération favorable du conseil municipal. La décision ce mardi 17 avril 2007 du tribunal administratif de mettre un terme provisoire au projet constitue donc un coup dur pour les musulmans de Marseille et une épreuve douloureuse pour l’association La Mosquée e Marseille.

Un terrain de 8600 m² situé dans le nord de Marseille devait être mis à la disposition de l’association pour un loyer annuel symbolique de 300 euros pour une durée de 99 ans. « Le dit bail emphytéotique administratif litigieux doit être regardé comme accordant une subvention à l’association cultuelle » a estimé le tribunal, violant ainsi la loi du 9 décembre 1905 qui stipule que la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. La ville de Marseille ainsi que l’association La Mosquée de Marseille sont par ailleurs sommés de négocier un nouveau bail dans un délai de deux mois.

Le tribunal administratif avait été saisi par des partis d’extrême droite comme le Front national (FN), le Mouvement national républicain (MNR) ou le Mouvement pour la France (MPF) et le jugement rendu donne donc un sérieux coup de frein au projet qui avait pris enfin forme après des dizaines d’années de négociations. Le tribunal a en effet jugé le montant du loyer « anormalement bas » par « manque d’informations des élus ».


« Nous sommes des adversaires résolus de la construction de ces mosquées dites cathédrales qui sont généralement financées par l'Arabie saoudite dans un but de propagande », a dit tout en se félicitant de la décision Jean-Marie Le Pen, précisant que cette décision constituait pour lui « une sanction pour Nicolas Sarkozy ».

« Le jugement confirme les conclusions présentées par le commissaire du gouvernement le 3 avril et il ne nous surprend pas. Nous avons déjà travaillé avec l'association sur la suite du processus pour confirmer la volonté politique du maire. […] Mais la volonté des opposants à la mosquée est très politique et chacune des procédures est susceptible d'être l'objet de nouveau recours si nous n'y prenons garde » a quant à lui précisé le secrétaire général de la mairie de Marseille Jean-Claude Gondard.

Pour Moulay Abderrahmane Ghoul, président du Conseil régional du culte musulman, c’est un « recours politique xénophobe et raciste ». Mais « aujourd'hui rien n'est perdu, l'essentiel n'est pas contesté, surtout pas la volonté de la mairie de construire la mosquée » a-t-il ajouté.





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