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Retombées de Madrid : l’enjeu national des élections régionales

Rédigé par El abed Fatima | Mercredi 17 Mars 2004

Les attentats du 11 mars à Madrid ont déjà provisoirement modifié le déroulement de la campagne électorale et l'agenda des membres du gouvernement. Des déplacements de leaders politiques comme Jean-Pierre Raffarin ou François Hollande ont été annulés vendredi et les réunions de crise se sont multipliées.



Les attentats du 11 mars à Madrid ont déjà provisoirement modifié le déroulement de la campagne électorale et l'agenda des membres du gouvernement. Des déplacements de leaders politiques comme  Jean-Pierre Raffarin  ou François Hollande ont été annulés vendredi et les réunions de crise se sont multipliées.

 

Bilan lourd de conséquences 

 

Les événements survenus en Espagne  et la victoire du PSOE lors des élections générales organisées dimanche 14  mars devraient modifier le discours des régionales.

A quelques jours des régionales, M. Raffarin affiche sa mobilisation sur le front de la sécurité et M. Villepin estime que la 'ligne de vérité' de la France se trouve 'confortée'.

 

Avant d'être une référence idéologique pour la droite française, le Parti populaire fut longtemps cité en exemple de construction politique. Les chiraquiens, qui rêvaient alors de constituer un parti unifié de la droite au bénéfice du président, se sont largement inspirés de la stratégie de Aznar et de son parti.

 

Les électeurs espagnols ont mis à bas le principal 'modèle'de la droite française. Jean-Pierre Raffarin avait employé ce mot lorsqu'il s'était rendu à Madrid, le 15 février, pour témoigner de son'soutien sans faille' à la candidature de Mariano Rajoy, alors présenté comme le successeur du chef du gouvernement espagnol.

 

La défaite de la droite espagnole, opposée à la France sur l'avenir de l'Europe et le conflit irakien renforce cependant la position de Chirac sur le terrain diplomatique.

 

Ce résultat a surpris tout le monde, le PP et Mariano Rajoy étaient donnés gagnants dans tous les sondages de la campagne électorale. Mais c'était avant l'attentat de jeudi qui a endeuillé l'Espagne et qui a provoqué un vote sanction contre Aznar, très critiqué ce week-end pour avoir voulu 'tromper' le pays en persistant à accuser ETA de l'attentat.

 

Le chef du gouvernement s'efforce de réduire la portée des élections du 21 mars, Raffarin même en  faisant face à une défaite aussi  de son camp aux élections régionales, pourrait espérer se maintenir à son poste. De même le projet de Constitution européenne en 2004 va lui permettre de s'installer à nouveau sur le terrain de la scène internationale.

 

Réactions politiques en chaîne

 

S’il doit y avoir des conséquences, elles ne peuvent être que favorables', estime Dominique de Villepin, ministre des affaires étrangères.

De son côté, le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, parie sur une plus forte mobilisation des électeurs. 'La meilleure réponse au terrorisme, c'est la démocratie', a-t-il déclaré lundi 15 mars à Mâcon (Saône-et-Loire).

 

Ce sursaut démocratique est aussi escompté par le Parti socialiste qui espère que, comme en Espagne, il bénéficie à la gauche. M. Hollande a déclaré, lundi à Istres (Bouches-du Rhône), que les Espagnols 'nous ont donné une leçon de confiance en la démocratie en votant massivement'.

François Hollande a même  envoyé une lettre au futur chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero en ces termes  'Je voulais te dire, dans le contexte particulièrement dramatique que connaît l'Espagne, toute ma fierté de voir que les électeurs t'ont fait confiance ainsi qu'au PSOE pour être la force d'alternance'.

 

Le nouveau contexte diplomatique est susceptible de stabiliser la relation au sein de l'exécutif. La faiblesse de  Raffarin dans les sondages avait conduit, depuis le début de l'année, le chef de l'Etat à reprendre place sur la scène intérieure. Jacques Chirac avait multiplié les déplacements en province.

En tout cas la surprise de Madrid incite les leaders du Parti socialiste à enfoncer le clou du «vote sanction».

 





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