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Religions

Religions pour la paix

Rédigé par Leila Belghiti | Lundi 1 Juin 2009

Du 25 au 27 mai s’est tenu, au Centre international de Lille, le 8e Congrès européen des représentants religieux. À deux semaines des élections européennes, l’Institut Avicenne des sciences humaines (IASH), en collaboration avec le Conseil européen des représentants religieux (ECRL), a réuni, pendant trois jours, des personnalités politiques et religieuses pour une réflexion autour de la place des religions dans une Europe en crise.



Religions pour la paix
Une quarantaine de personnalités religieuses ont débattu de la place des religions dans une Europe en crise, parmi lesquelles : Mustafa Cerik, grand mufti (Bosnie-Herzégovine), l’évêque Vianny Fernando (Sri Lanka), Bhai Sahib Mohinder Singh, représentant sikh (Royaume-Uni), le rabbin Alan Plancey (Royaume-Uni), Federico Mayor, ex-directeur général de l'Unesco ; ainsi que des parlementaires européens.


Tables rondes, conférences, débat... Le dialogue interreligieux était à l’honneur trois jours durant, avec la présence de personnalités musulmanes, juives, catholiques, orthodoxes, bouddhistes et sikhs. Tous sont porteurs d’un même message : « La religion est un acteur essentiel pour la paix. »

Une utopie pour les antireligieux les plus frénétiques, une conviction pour Federico Mayor, ex-directeur de l’UNESCO, invité d’honneur du colloque : « L’impossible aujourd’hui peut devenir possible demain (...). Nous devons mobiliser les gouvernements, transmettre le message afin que le monde puisse dépasser cette crise éthique, qui s’est traduit par une crise économique et environnementale. »

Concrètement ?

De belles paroles, qui risquent de finir une fois de plus dans les oubliettes ? Mais Mustafa Cerik, grand mufti de Bosnie-Herzegovine et membre fondateur de Religious of Peace, veut remettre les pieds sur terre à l’assistance : « On reste sur des discours philosophiques, il ne faut pas s’aveugler. » Ce qu’il veut, c’est du concret.

Pour preuve que « c’est possible », il rappelle avec fierté l’approbation des députés européens pour la proclamation du 11 juillet comme journée de mémoire des victimes du massacre de Srebrenica en Bosnie-Herzégovine, qui avait fait plus de 8 000 victimes musulmanes en 1995. Porteur du projet, Mustafa Cerik n’y croyait pas, jusqu’à ce que la proposition fût adoptée par une large majorité des députés, le 15 janvier 2009. « Il faut oser faire le pas », conclut-il, sous les applaudissements de l’auditoire.

Laïcité encore, laïcité toujours

Alima Boumedienne-Thierry, sénatrice des Verts, évoque une « laïcité à la mode, à géométrie variable », « un principe qui se modifie en fonction du débat politique », et s’inquiète de voir ce principe devenir une allégeance au lieu d’un droit pour les citoyens.

Alors que Bernard Godard, consultant du gouvernement au service des cultes, évoque « le trop d’âmes concordataires qui règnent encore dans les consciences politiques », pour Philippe Jessu, président de l’association Islam et laïcité, le problème vient de l’ignorance : « Il faut apprendre à connaître l’islam et les musulmans. »

La laïcité n’est de toute évidence pas un folklore local, à en croire entre autres les récents débats sur les « accommodements raisonnables » au Québec, que certains intervenants ont espéré timidement voir s’installer en France. À l’heure où la République impose la laïcité d’une main de fer à ses citoyens, le moment ne semble pas encore venu, et de loin.

Malgré les déboires administratifs qui semblent agiter l’IASH, son directeur Mohammed Bechari entend bien en faire un acteur incontournable de ces débats politico-religieux. « L’islam n’est pas la religion de l’autre, mais c’est une composante essentielle du paysage européen », insiste M. Bechari. Ce colloque aura selon lui, confiant et plein sourire, atteint au moins un objectif : faire prendre conscience aux leaders religieux ainsi qu’aux décideurs politiques de l’importance d’un front commun contre les extrémismes, religieux comme politiques. « Les questions abordées étaient bien réfléchies afin de faire face à la montée de l’islamophobie en France et en Europe », nous confie celui qui n’hésite pas à s’afficher « aubryiste convaincu ».




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