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Sur le vif

Reconstitution à Clichy-sous-Bois

| Jeudi 14 Décembre 2006



Le juge chargé de l'enquête pour "non-assistance à personne en danger" ouverte après la mort de deux jeunes le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a convoqué jeudi cinq policiers et le rescapé pour une première reconstitution des faits.

Le juge s'est déjà déplacé plusieurs fois au transformateur EDF où Bouna, 15 ans, Zyed, 17 ans et Muhittin s'étaient réfugiés après avoir été poursuivis par la police, mais jamais en présence de policiers.

Plus d'un an après le drame, la reconstitution se déroulera avec Muhittin, aujourd'hui âgé de 18 ans, seul rescapé de l'électrocution, dont les graves brûlures avaient nécessité 50 jours d'hospitalisation. Elle doit permettre de vérifier la compatibilité des déclarations des uns et des autres avec la configuration des lieux et la chronologie des faits.

Deux des cinq policiers convoqués jeudi ont été placés le 13 novembre sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre le simple témoin et le mis en examen. Les trois autres policiers témoins assistés dans cette affaire ne devaient pas participer au transport sur les lieux, selon une source proche du dossier.

Selon l'enquête de l'Inspection générale des services (IGS) versée au dossier du juge et récemment divulguée dans la presse, les trois adolescents ont bien été "poursuivis" après le signalement d'une "tentative de vol" sur un chantier, contrairement à ce qu'affirmaient il y a un an le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy et le procureur de la République de Bobigny.

Pour autant, les enquêteurs de l'IGS ont conclu qu'il n'y a pas eu "encerclement" des jeunes autour de la centrale par les cinq véhicules et quatorze fonctionnaires de police déployés. "Les opérations s'apparentaient davantage à une intensification des recherches autour de la centrale, une manoeuvre imparfaite", écrit l'IGS.

Alors qu'un gardien de la paix de Livry-Gargan avait indiqué par radio : "je pense qu'ils sont en train de s'introduire sur le site EDF" puis "s'ils entrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau", l'IGS estime que "l'urgence aurait voulu que fussent appelés les services d'EDF". Aucun policier, parmi les seize (policiers sur le terrain et aux standards radio) entendus par l'IGS n'a reconnu avoir commis le délit de "non-assistance à personne en danger".

Dix agents ont expliqué n'avoir pas entendu les messages de leur collègue ayant vu deux jeunes enjamber une clôture à proximité du site dangereux. Les six autres ont déclaré, soit qu'ils ne soupçonnaient pas la dangerosité du site, soit qu'ils pensaient avoir interpellé les jeunes recherchés. Sept minutes après l'alerte-radio, deux autres jeunes, parmi le groupe de dix amis ayant fui le contrôle de police à proximité du chantier au retour d'un match de football, étaient arrêtés dans le cimetière, près du site EDF.

Au vu du rapport de l'IGS, les avocats des familles des victimes ont déposé une nouvelle plainte pour "mise en danger délibérée de la vie d'autrui".

Ils réclament aussi la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire sur l'attitude des autorités. Si le rapport de l'IGS affirme que la tentative de vol, rapportée au lendemain du drame par Nicolas Sarkozy, "était bien constituée", les avocats réaffirment que celle-ci n'a jamais existé.




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