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Monde

Réactions à la condamnation de Saddam Hussein

| Mardi 7 Novembre 2006

La condamnation à mort de Saddam Hussein fait la joie des chiites en Irak. En Europe, les gouvernements réitèrent leur opposition de principe à la peine capitale. Le chef de la diplomatie française a rappelé que « L'Union européenne est contre la peine de mort et elle prêche pour l'abolition universelle de la peine de mort ».



Les chiites irakiens célèbrent la nouvelle
Les chiites irakiens célèbrent la nouvelle

Applaudissements, youyous et pleurs de joie

Au Koweït, la condamnation à mort de Saddam Hussein fait la joie des chiites. Applaudissements, youyous et pleurs de joie ont accueilli la nouvelle.

L'Iran, qui a lourdement souffert des huit années de guerre contre l'Irak de Saddam Hussein (1980-88), "accueille favorablement la sentence", selon le ministère des Affaires étrangères.

Mais pour les Frères musulmans égyptiens, les "innombrables crimes commis" par Saddam sont moindres que ceux "commis par les occupants".

Et dans les territoires palestiniens, un porte-parole du Hamas a affirmé: "Nous (...) soutenons quiconque soutient notre peuple, et le président Saddam Hussein était de ceux-là".

A Washington, la Maison Blanche s'est félicitée de cette condamnation, "preuve absolue qu'il y a un système judiciaire indépendant en Irak".

L'ambassadeur américain en Irak, Zalmay Khalilzad, a invité les Irakiens à "tourner la page" et à s'unir pour un avenir meilleur.

Eviter que l'Irak ne sombre dans la guerre civile

De son côté, la France et l'Italie exhortent les autorités irakiennes à ne pas exécuter Saddam Hussein, pour des raisons éthiques mais aussi pour éviter que l'Irak ne sombre dans la guerre civile.

"Dans la situation difficile, dramatique, de l'Irak, l'exécution de Saddam Hussein pourrait plonger le pays dans la guerre civile", a déclaré le chef de la diplomatie italienne, Massimo D'Alema, après avoir rencontré à Paris son homologue français Philippe Douste-Blazy.

Philippe Douste-Blazy a rappelé que la France et l'Union européenne étaient opposées à la peine de mort et souhaitaient la voir partout abolie.

"L'Union européenne est contre la peine de mort et elle prêche pour l'abolition universelle de la peine de mort. Nous devons très rapidement définir les modalités pour faire connaître cette position aux autorités de Bagdad", a-t-il dit.

Le Premier ministre britannique Tony Blair
Le Premier ministre britannique Tony Blair

C'était aux Irakiens de décider

A Londres, le Premier ministre Tony Blair a également rappelé que la Grande-Bretagne était opposée à la peine capitale. Pressé de questions par les journalistes, il a cependant refusé de dire s'il pensait que Saddam devait être exécuté, soulignant que c'était aux Irakiens de décider.

"Nous sommes contre la peine de mort, qu'il s'agisse de Saddam ou de n'importe qui d'autre", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

"Toutefois, il me semble qu'il est important de reconnaître que ce procès - organisé par les Irakiens qui sont maîtres de leurs décisions - nous a clairement rappelé le caractère barbare et totalitaire du régime de Saddam", a-t-il dit.

Le peuple irakien a besoin de justice, pas de vengeance

Le président du Conseil italien Romano Prodi, en visite dans la capitale britannique, a souhaité que l'ancien raïs ne soit pas exécuté.

La Finlande, qui préside l'Union européenne, a rappelé dimanche l'hostilité des Vingt-Cinq à la peine de mort.

A Strasbourg, le secrétaire général du Conseil de l'Europe Terry Davis a invité les Irakiens à ne pas faire de Saddam un martyr.

"Un pays ravagé par la violence et la mort n'a pas besoin de plus de violence et surtout pas d'une exécution orchestrée par l'Etat. Saddam Hussein est un criminel et ne doit pas être autorisé à devenir un martyr", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"Le peuple irakien a besoin de justice, pas de vengeance", a-t-il ajouté au nom des 46 pays membres de l'organisation.

Saddam Hussein
Saddam Hussein

Condamné à la pendaison

Dimanche, un tribunal irakien a condamné à la pendaison un Saddam Hussein visiblement ému par la sentence mais toujours prêt à braver la cour et qui a crié plusieurs fois "Longue vie à l'Irak".

Le juge a ordonné aux gardiens d'obliger le président déchu, tremblant, un exemplaire du Coran à la main, à se lever pour entendre la sentence de mort, prononcée contre lui et deux de ses lieutenants après le massacre dans les années 1980 de 148 villageois chiites.

La sentence ne sera pas immédiatement exécutée en raison d'une procédure d'appel automatique s'étalant sur 30 jours. L'audience a duré moins de 40 minutes et clôture un procès qui s'est tenu du 19 octobre 2005 au 27 juillet 2006.





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