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Communiqués officiels

Réaction au discours de Sarkozy à Alger

Par le Collectif contre l'islamophobie en France

Rédigé par CCIF | Mercredi 5 Décembre 2007



Concernant le discours du président de la République à Alger.

Alors qu'il effectue un voyage de trois jours en Algérie, le Président de la République française a tenu un discours devant les chefs d'entreprises français et algériens le 03 décembre 2007.

Durant son intervention, M. Nicolas SARKOZY a affirmé que « faire le choix d'une pleine intégration dans notre République ne signifie pas renoncer à ses racines. Au contraire : les deux doivent aller ensemble, et c'est ainsi que nous pourrons bâtir dans l'ouverture, la tolérance, le respect de l'autre, un avenir partagé ».
Il a également expliqué comment il comptait s'appliquer à cette tache en déclarant que « quand on menace un Arabe, un Musulman ou un Juif en France, on menace la République. Le racisme, l'islamophobie, l'antisémitisme ne s'expliquent pas, ils se combattent. Ce qui vaut pour la France vaut partout ailleurs dans le monde. Il n'y a rien de plus semblable à un antisémite qu'un islamophobe. Tous deux ont le même visage, celui de la bêtise et celui de la haine. ».

Exprimés par la plus haute autorité de l'Etat, ces propos étaient tant attendus par la communauté musulmane de France. En effet, elle avait besoin d'être rassurée quant à son statut au sein de la famille républicaine à laquelle elle appartient. Les propos du Président semblent avoir répondu à cette question.

Malheureusement, l'administration française ne semble pas avoir le même avis que le Président puisqu'elle ne cesse de brimer dans notre pays des hommes et des femmes qui souhaitent simplement pratiquer leur foi en toute dignité.

Ces derniers jours, des témoignages nous ont révélé que des employés de l'aéroport Roissy Charles de Gaulle, à qui leurs badges d'accès avaient été restitués par la Préfecture de Seine-Saint-Denis, se voyaient de nouveau retirer leur laisser-passer sans plus d'explications ou éléments de preuve qu'auparavant. Pire, cette fois, ils n'ont même pas eu le privilège de se faire notifier par courrier "la sentence". Des imams sont accusés de faits ou propos délictueux et menacés d'expulsion sur la base de notes ou rumeurs arbitraires émanant de certaines administrations.

Des chefs d'établissement soutenus par l'inspection de l'éducation nationale, voire même parfois de l'inspection académique, continuent d'empêcher certaines mères d'élèves de participer aux sorties scolaires parce-qu'elles portent un foulard couvrant leur cheveux alors qu'une décision de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité a tranché en estimant que leur mise à l'écart au motif du port du foulard constituait une discrimination religieuse. Certaines agences pour l'emploi fichent les demandeurs comme étant des fidèles musulmans à l'attention des employeurs.

Dès lors, le CCIF souhaite que les déclarations du Président de la République à Alger ouvrent les portes d'une nouvelle relation entre l'Etat et ses citoyens de confession musulmane méprisés certaines fois par ceux même censés appliquer le principe d'égalité rappelé par M.SARKOZY.
L'ensemble des représentants gagneraient ainsi à être cohérents avec la volonté affichée devant leurs interlocuteurs internationaux de lutter contre l'islamophobie.

A ce titre, nous rappelons qu'à ce jour, l'islamophobie n'est toujours pas répertoriée par la CNCDH.





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