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Raymond Barre se dit injustement accusé d'antisémitisme

| Mercredi 7 Mars 2007

C’était jeudi 1er mars sur les ondes de France Culture. L’émission « Le rendez-vous des politiques » accueillait Raymond Barre à l’occasion de la sortie de son ouvrage intitulé L’expérience du pouvoir. Interrogé sur Maurice Papon et Bruno Gollnish, l’ancien Premier ministre a tenu des propos qui ont « scandalisé » le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).



Raymond Barre
Raymond Barre

"Opérations indignes"

Raymond Barre fut nommé Premier ministre en 1976 sous la présidence de Valéry Giscard D’Estaing. De 1978 à 1981, c’est Maurice Papon qui occupera dans son gouvernement la place de ministre du Budget. Interrogé sur France Culture sur le même Papon, Raymond Barre a parlé de l’ancien préfet comme d’un « grand commis de l’Etat […] très courageux » qui « a payé surtout à cause de Charonne ». Pour l’ancien Premier ministre, qui a complètement occulté la déportation de juifs et les événements du 17 octobre 1961, « le reste, c’était un alibi ».

Raymond Barre a par ailleurs dénoncé « la campagne faite par le lobby juif le plus lié à gauche » au moment de l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic à Paris le 3 octobre 1980. « Je considère que le lobby juif – pas seulement en ce qui me concerne – est capables de monter des opérations qui sont indignes et je tiens à le dire publiquement » a-t-il ajouté.

« J’ai dit que je blâmais ce qu’il avait dit, mais que pour le reste, je l’avais connu et que c’était un homme bien » a déclaré par la suite Raymond Barre à propos de Bruno Gollnish, ancien élu Front national avant d’ajouter : « J’ai tellement entendu les propos de M. Gollnish à Lyon que cela finissait par ne plus m’émouvoir. Quand on entend à longueur de journée tout ce qui se dit à droite et à gauche, à la fin, on n’y porte plus attention. »

Sur les ondes de RTL hier 6 mars, Raymond Barre a précisé face à Philippe Bouvard : « Il y a une clique qui depuis 1979 me poursuit pour me faire apparaître antisémite ». « Je dois dire que les procédés sont très singuliers mais que cela me laisse totalement indifférent et c'est mon indifférence qui les outrage » a ajouté l’ancien Premier ministre.

"Silence assourdissant"

SOS Racisme a précisé se réserver « évidemment le droit d'engager des poursuites si les autorités devaient rester silencieuses ». Pour la Ligue des droits de l’homme, « les héritiers politiques de Raymond Barre » font preuve d’un « silence assourdissant ». « Sans doute cinq années de lepénisation des esprits, y compris parlementaires, ont-elles fait leur preuve malfaisante. Mais ceux qui se taisent face aux propos déshonorants de leur ancien mentor en sont nécessairement complices » a ajouté la Ligue des droits de l’homme.





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