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Rapport Gil-Robles : la France épinglée

| Mercredi 15 Février 2006

En France, les conditions de vie en prison sont « inhumaines » et la police, même quand elle dérape, a le sentiment d’être intouchable. Rien de moins. Telles sont les principales conclusions d’un rapport qui devrait paraître aujourd’hui et qui découle d’une enquête menée par le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Alvaro Gil-Robles.



« Jour de honte ». C’est ainsi que la Ligue des droits de l’homme a intitulé le communiqué qu’elle a publié en réaction au rapport du commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe Alvaro Gil-Robles. « On ne connaît hélas que trop de pays où les proclamations officielles des gouvernants sont cruellement démenties par la réalité subie par les populations. […] Que la France puisse, et pas seulement sur quelques questions de détail, entrer dans cette catégorie aux yeux de l'institution européenne gardienne de la démocratie et des droits de l'Homme ne peut inspirer qu'un sentiment de honte à tous ceux qui restent attachés à la garantie égale des libertés de tous » écrit la LDH.

Alvaro Gil-Robles
Alvaro Gil-Robles
Et il est vrai que le rapport Gil-Robles s’avère accablant pour la France : surpopulation carcérale, « sentiment d’impunité » de la police, conditions de vie « inhumaines » dans les prisons, conditions de garde à vue déplorables, etc… « Il m'a été difficile de recevoir des plaintes au début du XXIe siècle en France, décrivant l'impossibilité de prendre une douche quotidiennement même par temps de canicule » avoue M. Gil-Robles qui a mené son enquête en septembre 2005 en se rendant dans sept prisons et cinq commissariats de police. Les prisons de la Santé à Paris et des Baumettes à Marseille ont le plus « choqué » le commissaire. « De ma vie, sauf peut-être en Moldavie, je n'ai vu un centre pire que celui-là » déplore-t-il.

L’Observatoire international des prisons (OIP) qualifie de « claque » administrée au Garde des Sceaux le rapport Gil-Robles. « Lorsque M. Clément s'est rendu à la centrale de Clairvaux (Aube) à la suite de l'appel de dix condamnés à la perpétuité, il a opposé un déni aux conséquences désastreuses de la politique pénale poursuivie depuis plusieurs années » dénonce Patrick Marest, un responsable de l’OIP. Pour l’Observatoire, le rapport « qui critique la chaîne pénale du début à la fin tombe à pic ».

http://www.coe.int/DefaultFR.asp http://www.coe.int/DefaultFR.asp






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