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Ramadan en langue française

Rédigé par pouf.badaboum@gmail.com | Mercredi 25 Août 2010



Ramadan. Ce mot, qui, en arabe, désigne le neuvième mois de l’année lunaire, est attesté au milieu du XVe siècle. L’islam est apparu au début du VIIe siècle. Pendant sept cents ans, ramadan n’a eu aucune existence en français.

Ce bon temps semble être révolu depuis trente ans ou plus. Il ne se passe de jour désormais sans que les gens des médias, les journaleux, les bien pensants nous entretiennent de ce « mois de jeûne » ou de ce « saint mois pour les musulmans » ou de son début ou de sa fin ou de ses nuits ou du « ramdam » qu’il occasionne.

Pendant quelques siècles, les Français ont adopté des orthographes diverses : ramazan, comme les Turcs ou comme les académiciens de 1762 à 1879, rhamadan, ramadhân, comme l’écrivent les intégristes de la translittération savantasse sous le prétexte qu’en arabe, l’avant-dernière consonne du mot est un « d emphatique » et la dernière voyelle un a long, ou, plus simplement, en enlevant l’accent circonflexe du dernier a, ramadhan, comme cet auteur du XVIe siècle : « Après que le mort sera levé de genoux, les anges noirs viendront à lui demander... s’il a jeûné au mois de ramadhan ou ramadzan » (cité par Huguet, Dictionnaire de la langue française du XVIe siècle).

Pourtant ce n’est pas l’orthographe qui fait problème, c’est le sens, non pas ce mois lunaire qui est en soi bien banal, mais les obligations auxquelles les musulmans sont soumis ou se soumettent pendant vingt-neuf jours.

Le voyageur et écrivain Thévet (XVIe siècle), auteur d’une Cosmographie, en fait un équivalent du carême chrétien : « C’est en carême que les Turcs appellent ramadan ».

L’équivalence est reprise par Furetière (Dictionnaire universel, 1690) : « Terme de Relations ; c’est ainsi qu’on appelle le carême des mahométans » et par tous les lexicographes : les académiciens (1762, 1798 : « Mois que les Turcs consacrent à un jeûne, qui est une espèce de carême » ; 1879, 1932-35 : « Neuvième mois de l’année arabe que les mahométans consacrent à un jeûne très rigoureux ») et Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77 : « Neuvième mois de l’année arabe, que les musulmans consacrent au jeûne »).

Rien ne justifie cette équivalence. Lire suite de l'article

Source : nouvellelanguefrancaise.hautetfort.com - 23/08/2010




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