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Société

Radicalisation en prison : l'importance de la prévention

200 prisonniers à risque

Rédigé par Pauline Compan | Vendredi 30 Mars 2012

           

La pratique de l’islam en prison est sous le feu des projecteur depuis l’affaire Mohamed Merah. Il est vrai que beaucoup de spécialistes s’accordent à dire que la prison favorise le développement de comportements radicaux, quelle que soit leur nature. En France, l’islam est la première religion des prisons et peut servir de vecteur à une idéologie radicale dangereuse. Alors que Nicolas Sarkozy a demandé une consultation sur la propagation des idéologies extrêmes en prison, des professionnels proposent déjà une analyse d’un phénomène très marginal mais, comme le prouve l’affaire Merah, qui peut avoir des conséquences dramatiques.



Radicalisation en prison : l'importance de la prévention
Après les drames de Toulouse et Montauban, Nicolas Sarkozy avait annoncé son intention de demander une « réflexion approfondie » sur la propagation des idéologies extrêmes en prison. Une première réunion s’est tenue jeudi 29 mars au ministère de la Justice avec les directeurs régionaux des services pénitentiaires, le coordinateur national du renseignement, Ange Mancini, le directeur central du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, et le ministre Michel Mercier. Ce dernier a déjà exprimé son souhait de voir augmenter le nombre d’aumôniers musulmans officiant dans les prisons.

« Mohamed Merah a lu le Coran tout seul et c'est sa propre interprétation qui l'a conduit à une radicalisation » a déclaré le ministre. Pour lui, mieux encadrer la pratique religieuse en prison peut prévenir la radicalisation. Un point de vue partagé par Abdelhak Eddouk, coordinateur de l’Aumônerie musulmane à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Selon le ministre, 151 aumôniers musulmans sont actuellement agréés dans les maisons d’arrêt. Michel Mercier parle également de « 200 détenus à risque » qui méritent une attention particulière des autorités.

Mohamed Merah : interrogations sur son parcours de radicalisation

« Mohamed a changé depuis son dernier séjour en prison, il est indéniable qu’il n’était plus le même, il était comme transformé », déclare Djamel Aziri, oncle maternel de Mohamed Merah à France 24 depuis l’Algérie. Mohamed Merah avait, en effet, effectué plusieurs séjours en prison pour divers délits. Un petit délinquant « banal », qui se serait radicalisé en fréquentant des islamistes radicaux dans les prisons françaises.

Mais pour l’avocat du tueur présumé, Mohamed Merah cultivait plutôt une « haine », née de son échec à intégrer l’armée française. Le refus qu’il essuie lorsqu’il tente d’intégrer la Légion étrangère en juillet 2010, à cause de son casier judiciaire, aurait enfermé Mohamed Merah dans « un processus où la haine va dominer, la haine d'une société dans laquelle il n'a pas sa place ».

Des aumôniers pour encadrer ?

Au-delà de cette polémique, prévenir la radicalisation au sein des prisons apparaît comme un enjeu important. « La prison est le lieu de toutes les radicalisations, explique Abdelhak Eddouk, aumônier à Fleury-Mérogis, car les individus se fragilisent, ils cherchent quelque chose auquel se raccrocher. »

Et si la radicalisation des musulmans représente une « infime minorité », il convient surtout de bien différencier les « radicaux idéologiques », souvent emprisonnés pour ces idées, des « radicaux comportementaux », explique Abdelhak Eddouk dans un article publié dans l'hebdomadaire « Arpenter le champ pénal » (à télécharger plus bas).

« La radicalité du deuxième type n’est pas une radicalité réelle mais apparente. Cela peut prendre la forme d’un détenu qui se met brusquement à faire la prière et se laisse pousser la barbe. L’administration va très vite les taxer de radicaux et ils risquent d’en rajouter face à ce rejet. Ce qu’il faut combattre, c’est l’ignorance et l’isolement », plaide l’aumônier.

D’ailleurs l’isolement est un des points que M. Eddouk propose de combattre pour prévenir la radicalité. « La famille est très importante pour un détenu, c’est bien si elle est présente et si le prisonnier a l’occasion de prendre part à des activités dans la prison ou à des ateliers de formation. »

Autre problème : le manque d’aumôniers pour accompagner le chemin spirituel des détenus. « La France compte 55 000 détenus et presque la moitié sont musulmans », explique Abdelhak Eddouk. Les besoins de l’aumônerie musulmane sont donc importants, d’autant plus que « l’aumônier doit être formé pour sa tâche ».
Le manque d’aumôniers musulmans dans les prisons n’est pas un phénomène nouveau. Les associations et personnels dénoncent régulièrement ce problème persistant, même si la situation s’est déjà sensiblement améliorée ces dernières années.






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