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« Rabibochages artificiels »

| Lundi 21 Novembre 2005

Ce week-end s’est tenu au Mans le Congrès du Parti socialiste français. Pressenti comme allant être celui qui consacrerait la division, voire le chaos, ce dernier aura finalement été celui de l’union de façade, du « rabibochage artificiel », comme l’a qualifié un militant désabusé. Pourtant le premier secrétaire du parti socialiste, François Hollande a déclaré que son parti délivrait désormais un « message limpide, simple, évident : les socialistes sont désormais tous rassemblés pour servir la France ».



« Rabibochages artificiels »
« On nous avait annoncé le pire et je pense que nous avons réussi le meilleur », exultait François Hollande à l’issue d’un week-end harassant de tractations et autres manœuvres politiques. Le vote concernant les différentes motions qui s’était tenu quelques semaines auparavant dans les diverses sections socialistes présageait en effet du pire. Accusations de tricherie, de malversations et de manipulation des résultats, les partisans de Laurent Fabius, qui n’avait réussi à rallier qu’un peu plus de 20% des suffrages, ne décoléraient pas et faisaient prédire à tous les analystes un Congrès houleux. Pourtant, finis « les amertumes, les blessures, les mots inutiles. Les comportements, nous ne les oublierons pas, mais ils ne sont plus d'actualité », a décrété François Hollande.

Finalement, et seulement très tard dans la nuit de samedi à dimanche, un compromis a été trouvé entre les principaux courants et une synthèse des motions Hollande, Fabius et Nouveau Parti Socialiste (présentée par Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Henri Emmanuelli) a rassemblé les caciques du parti. Seul Arnaud Montebourg est ressorti quelque peu remonté et amer de ces tractations marathons dont il ne voulait pas. « Notre synthèse n'allait pas de soi. Elle pouvait se faire dans la confusion, l'artifice et le faux-semblant » a reconnu le premier secrétaire.

Malgré tout, les militants ne sont pas dupes. Et cette union affichée, martelée, proclamée, ne constitue pour eux qu’un « rabibochage artificiel » issu d’un « congrès d’appareil ». Les clivages et les rivalités leur semblent trop marqués pour prétendre s’estomper en un week-end autour d’une synthèse adoptée au forceps. Et cela même si François Hollande s’évertue à marteler que désormais « le seul mois de mai qui compte, c'est le mois de mai 2007, pas le mois de mai 2005 », en référence à la fracture qui avait divisé le parti socialiste durant la campagne sur la Constitution européenne.

Quoiqu’il en soit, après la réunion des points de vue, devra maintenant venir le programme du parti. Ses grandes lignes auront été dessinées ce week-end. Smic à 1500 euros d’ici 2012, abrogation des lois sur les retraites et sur l’assurance maladie, suppression des « contrats nouvelle embauche », retour d’EDF dans le giron de l’Etat, « pénalités plus lourdes » pour les communes avec moins de 20% de logements sociaux : telles sont les principales résolutions prévues par la motion de synthèse.




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