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Culture & Médias

Quand la conversion des stars à l’islam fait polémique

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Lundi 26 Novembre 2012

Choc ! Diam’s s’est convertie à l’islam et porte le voile islamique. Le mois dernier, son apparition dans l’émission « Sept à Huit » sur TF1 avait suscité les commentaires les plus acerbes. Apparemment, show-biz et islam ne font pas bon ménage mais ce n’est pas nouveau. En fait, ce sont surtout les femmes converties et de surcroît voilées qui suscitent la controverse.



Quand la conversion des stars à l’islam fait polémique
En France, les convertis à l’islam sont beaucoup plus importants que ceux qui embrassent les religions chrétienne, juive ou bouddhiste chaque année.

Pas étonnant que des personnalités du monde du show-biz se retrouvent dans les rangs de ces nouveaux musulmans. Pourtant, en France, la conversion de la chanteuse Diam’s a fait grand bruit. Mais pourquoi ? Où est passé, le monde tolérant que l’on attribue généralement au monde artistique ?

L’islam pour trouver un sens à sa vie

Proies faciles de tous les excès, certaines célébrités en quête de spiritualité se tournent vers la religion. Souvent, l’islam leur apparaît alors la solution pour trouver un sens à leur vie.

Dans l’Hexagone, les sportifs sont nombreux à avoir franchi le pas de la conversion à l’islam comme les footballeurs Franck Ribéry et Nicolas Anelka. Les chanteurs ne sont pas en reste, à l’image des rappeurs Abd Al-Malik et Kery James.

L’une des grandes stars de ces 20 dernières années, Cassius Clay devenu Mohammed Ali, s’est également convertie à l’islam. Dans les années 1970, ce fut également le choix du chanteur britannique Cat Stevens qui devient Yusuf Islam. Tous disent s’être retrouvés dans les préceptes de la religion musulmane.

Les paillettes contre la foi

S’il est vrai que la rumeur sur la conversion de Mickael Jackson, le « roi de la pop » décédé en 2009, avait fait couler beaucoup d'encre, celles, avérées, d’autres personnalités masculines ne provoquent pas tant de remous. Mais en ce qui concerne les femmes, la donne est différente. Très vite, la tempête médiatique s’est ainsi abattue sur Diam’s, qui a fait le choix « incongru » pour ses détracteurs de porter le voile.

Dans son autobiographie Diam's, Mélanie Georgiades de son vrai nom, estime ainsi que « ce n'est pas tant (sa) conversion qui a gêné que (son) voile ». Pour preuve, en novembre 2009, les premières photos volées en une des magazines people l’a montrant voilée à la sortie d’une mosquée créent la polémique. En plein débat sur l'interdiction du voile intégral dans les lieux publics, ces photos choquent une partie de l’opinion publique.

« Elle devient un vrai danger pour les jeunes filles des quartiers populaires, parce qu'elle donne une image de la femme qui est une image négative pour moi », s’indigne par la suite Fadela Amara, ancienne présidente du mouvement Ni putes ni soumises et ex-secrétaire d’Etat à la ville qui ne supporte pas de voir la chanteuse se cacher les cheveux.

C’est aussi difficile pour l'entourage artistique. Alors que le monde du show-biz se présente comme un monde ouvert, on découvre en fait que la religion musulmane et surtout le voile islamique n’y a pas sa place. Difficile de trouver sa place dans un monde où la débauche obtient moins de critiques que la piété. Pour beaucoup, troquer ce monde de paillettes contre la religion paraît suspect.

Mais pas question pour Diam’s de suivre les traces d'artistes comme Amy Winehouse, la chanteuse britannique morte à 27 ans rongée par la drogue et l’alcool. Après une dépression, la religion musulmane la sauvera comme elle l'explique dans « Sept à Huit » le 30 septembre. Malgré son bonheur affiché grâce à l'islam, sa prestation télévisée en jilbeb (voile long) suscitera de nouvelles critiques.

La femme musulmane face aux clichés

L’intolérance mise en évidence après le passage de Diam’s est surtout le fruit de la mauvaise image accolée aux femmes musulmanes.

« Les commentaires négatifs qui sont faits sur ces conversions renvoient à une peur et à une méconnaissance historiques de l'islam. Mais cela renvoie surtout à la question du libre-arbitre de la femme dans la société. C'est un réflexe archaïque significatif de la distinction entre hommes et femmes. Tout comme il y a quelques décennies on considérait de manière négative les femmes qui travaillaient, aujourd'hui on a du mal à considérer de manière positive les femmes qui font le choix conscient de l'islam », indique Loïc Le Pape, sociologue et chercheur associé à l'IREMAM (Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman) dans des propos rapportés par le Huffington Post.

Pour beaucoup, ces femmes converties ont été forcées dans leur choix. « Au-delà de l'aspect religieux, c'est la continuité d'une vision de la femme inférieure à l'homme, de la femme qui a du mal à prendre des décisions et à les assumer. Concernant la burqa, plusieurs études montrent que les femmes qui la portent sont majoritairement converties », poursuit M. Le Pape.

Cette image de la femme musulmane asservie est également existante outre-Atlantique. Ainsi, le même scénario que Diam’s s’est répété avec Janet Jackson, qui a fait la une du National Enquirer, un tabloïd américain, le 11 octobre, avec le titre « La vie musulmane secrète de Janet Jackson » et une photo de la chanteuse voilée. Fiancée à un Qatari, la sœur de Mickael Jackson serait sur le point de se convertir à l’islam.

Cette image déplorable de la femme musulmane voilée s’accompagne d’une vision générale de suspicion à l’égard de la religion musulmane. L’idée que le président des Etats-Unis Barack Obama serait musulman apparaît ainsi comme une chose négative.

Convertis ou pas, tous les musulmans sont de plus en plus confrontés à cette suspicion, qui doit son origine à un amalgame entre musulmans et terroristes se revendiquant de la religion musulmane. Et on oublie trop souvent que l'islam est avant tout une voie spirituelle comprenant le dialogue direct avec le Très-Haut, Dieu Unique et Tout-Miséricordieux, l'introspection quotidienne pour améliorer son comportement envers soi et envers autrui, la recherche vers davantage de solidarité, de partage et de développement humain, la poursuite du bien : des idéaux et des valeurs, somme toute, partagés par nombre de personnes, qu'elles soient musulmanes ou non.






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