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Publication des noms de 558 détenus de Guantanamo

| Vendredi 21 Avril 2006

Mercredi 20 avril au soir, le ministère de la défense des Etats Unis a publié la liste des 558 détenus de la prison militaire de Guantanamo. Un document de 11 pages recense les noms, matricules et nationalités des prisonniers dont le statut officiel reste « ennemis combattants ». Cependant, des zones d'ombres persistent.



Quatre ans d’attente

C’est donc après quatre ans d’attente et de pressions faites par la justice civile américaine et notamment une plainte posée par l’agence de presse américaine, Associated Press (AP) exigeant un accès libre aux informations concernant les prisonniers de l’île cubaine, que le ministère de la Défense a publié le document de 11 pages contenant les noms, les matricules et les nationalités des 558 détenus qui sont passés par la prison militaire américaine. Jusque la considéré comme un secret défense, 41 nationalités différentes seraient représentées. Les prisonniers seraient considérés comme « ennemis combattant », statut établit par un « conseil de révision administratif » à Guantanamo.

Le Pentagone avait, dans un premier temps publié les minutes des auditions de ces prisonniers. Ainsi, en vertu de la loi sur la liberté d’information, 7 600 pages ont été transmises au début du mois de mars à Associated Press.


Prisonniers

Le pentagone affirme que la totalité des prisonniers qui sont passés par la prison américaine ont été cités dans le document publié mercredi, cependant, environ 140 personnes libérées n’y figureraient pas, dont quatre français. Sur les 558 cités, 38 ont été considérés comme n'étant "plus des combattants ennemis", et 29 d'entre eux libérés. Il y aurait eu, en fait, plus de 750 prisonniers passés par les cellules de Guantanamo, cependant le gouvernement américain n’a jamais révélé la totalité de ces noms.

Il y aurait eu 132 détenus saoudiens, 125 afghans et 107 yéménites mais aussi 25 Algériens, 22 Chinois et 13 Pakistanais. Trois français sont recensés dans le document : Ridouane Khalid, Khaled Ben Moustapha et Mustaq Ali Patel, cependant, il paraîtrait que leur nombre se montait à sept prisonniers, tous renvoyés vers la France. Ridouane Khalid et Khaled Ben Moustapha doivent être jugés fin mai pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », le dernier a été relâché. Sur place, dix terroristes présumés seraient inculpés et doivent comparaître devant un tribunal militaire exceptionnel basé à Guantanamo Bay. David Hicks, l’homme surnommé « le taliban australien » est concerné, mais aussi Muhammed al-Qahtani, le saoudien présumé « 20ème pirate de l'air » du 11 Septembre 2001, cité par le français Zacarias Moussaoui lors de son actuel procès.

La présence de prisonniers chinois musulmans : « Ouïgours » est aussi mentionné. La Chine a demandé leur extradition, mais le gouvernement américain refuse de peur qu’ils soient torturés. Une centaine de combattants seraient ainsi retenus dans une section « spéciale » à Guantanamo. Ce qui est étonnant, c’est que nombreux sont les témoignages qui évoquent des scènes de tortures sur place. Ainsi, Mohammed C, prisonnier tchadien arrivé en janvier 2002 à l'age de 15 ans, témoigne à Amnesty international qu « Il aurait été battu à son arrivée. Il précise que, durant la période d’interrogatoires, il a été suspendu par les poignets jusqu’à huit heures durant, frappé, privé de sommeil, soumis à une lumière aveuglante et à un froid glacial provenant de la climatisation, et qu’il a fait l’objet d’insultes à caractère raciste. Mohammed ajoute que des chiens servaient à intimider les détenus et qu’un jour, il a été tiré hors de sa cellule, aspergé de gaz poivre et passé à tabac. En 2003, alors qu’il avait seize ans, la personne qui l’interrogeait lui aurait brûlé le bras avec une cigarette ; il présente encore des cicatrices qui correspondraient à ce traitement. »
Amnesty international révèle ainsi la présence de mineurs, allant de 13 à 15 ans lors de leur arrivé en 2002. Le gouvernement américain assure qu’ils ont tous été libérés depuis.





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