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Société

Profil bas pour une rentrée sans foulard

Rédigé par Bamba Amara | Jeudi 2 Septembre 2004

Jamais rentrée scolaire n’aura suscité autant d’angoisse chez les Musulmans de France. Pour les 12 millions d’élèves qui retrouvent les salles de classe ce matin, cette rentrée s’effectue sous le spectre de la loi antifoulard. Elle se trouve aussi placée sous la menace de preneurs d’otages qui exigent l’abrogation de ce dispositif légal censé fournir des repères juridiques auxquels les chefs d’établissements scolaires peuvent se référer pour préserver la laïcité de l’Ecole.



Jamais rentrée scolaire n’aura suscité autant d’angoisse chez les Musulmans de France. Pour les 12 millions d’élèves qui retrouvent les salles de classe ce matin, cette rentrée s’effectue sous le spectre de la loi antifoulard. Elle se trouve aussi placée sous la menace de preneurs d’otages qui exigent l’abrogation de ce dispositif légal censé fournir des repères juridiques auxquels les chefs d’établissements scolaires peuvent se référer pour préserver la laïcité de l’Ecole.

La fraternité comme réponse aux ravisseurs
Les équipes pédagogiques ont fait leur rentrée scolaire, hier mercredi. Le ministre de l'Education nationale, François Fillon, a profité de l’occasion pour appeler les enseignants à placer cette rentrée 2004 ' sous le signe de la fraternité '. Au sortir du Conseil des ministres M. Fillon a rappelé que ' tous les enfants, qu'ils soient Noirs ou Blancs, qu'ils soient de religion musulmane, catholique, juive ou qu'ils n'aient pas de religion, sont sur les mêmes bancs de l'école. '

Il s’agit pour le ministre de l’Education nationale, qui fait sa première rentrée scolaire, de profiter de l’élan de solidarité nationale qui s’est exprimé contre la prise en otage des deux journalistes français en Irak pour faire ' la démonstration que l'école de la République, est une des grandes forces de notre pays. ' Dans leur très large majorité, les responsables musulmans institutionnels de France ainsi que les non institutionnels se sont exprimés. Ils ont unanimement condamné la prise d’otages. Pour M. Mohamed Bechari, président de la Fédération nationale de Musulmans de France cette prise d’otages ' prend en otages les Musulmans de France '.

Que les Musulmans de France se prennent en main
Hier mercredi, après une réunion de prière collective célébrée à la Grande mosquée de Paris, le Conseil Français du Culte Musulman (Cfcm) a lancé un appel aux ravisseurs. Puis il a délégué trois membres de son bureau à Bagdad pour donner aux ravisseurs un signe de protestation encore plus fort. ' C'est toute la communauté musulmane qui les accompagne. Chaque Musulman doit se sentir représenté dans cette démarche ' a expliqué M. Dalil Boubakeur, président du Cfcm dont l’état de santé ne permet pas le voyage en Irak.

De composition très hétéroclite, le premier bureau du Cfcm a été vite dépassé par le vote de la loi. Il a peiné avant de trouver l’équilibre dont il avait besoin pour jouer un rôle d’interface dans la confrontation autour de la loi antifoulard.

Pour Malika, à l’origine de l’opération ' ruban vert contre la loi sur le foulard ', même si cette loi est injuste et fait du tort aux Musulmans, ' il faut enfin que les Musulmans de France se prennent en main pour défendre leurs intérêts, qu'ils aient le courage d'accomplir leurs devoirs en condamnant tous les actes contraires aux principes de l'Islam, que ces actes soient tournés contre eux ou contre des non-musulmans '

D'abord le dialogue, l'exclusion plus tard
Dans un message diffusé sur la chaîne de télévision Al-Jaseera, les ravisseurs des deux journalistes, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, ont fixé un ultimatum pour que la France abroge la loi antifoulard. L’épée de Damoclès qui plane ainsi sur la rentrée scolaire française a été condamnée par de nombreux dignitaires musulmans du monde entier.

Le ministre de l'Education nationale a demandé aux rectorats d'Académie, conformément aux dispositions déjà prévues dans le formulaire d’application de la loi, que le dialogue précède les exclusions d’élèves portant un foulard. Une tâche délicate dont l’application revient aux professeurs principaux chargés d’accueillir leurs élèves en première heure ce matin.

De leur côté, depuis quelques jours, les organisations islamiques françaises se sont strictement tenues à la condamnation de la prise d’otages. Les différentes déclarations enregistrées invitent les lycéennes Musulmanes à adopter un profil plutôt bas. A chaque moment son combat. Inutile donc d’en rajouter, la situation est déjà assez délicate.





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