Une délégation du Conseil français du Culte musulman (CFCM), conduite par son président, Mohamed Moussaoui, s’est rendue au cimetière de Notre dame de Lorette, mardi 9 décembre, pour se recueillir sur les tombes profanées. Lors de la cérémonie qui a réuni près de 150 personnes selon le CFCM, Mohammed Moussaoui a appelé le Président de la République à se rendre sur place pour marquer son « attachement et son respect » exprimé « à la mémoire des musulmans morts pour la France ». Joint par téléphone, le président du CFCM a déploré la présence « insuffisante » des autorités. Seul le directeur de cabinet du préfet a fait le déplacement. « La communauté musulmane attend des pouvoirs publics des signaux fermes à la mesure de l’indignation qui est la leur » a tenu à souligner M. Moussaoui. « Cette visite du Président de la République permettra de rappeler que la douleur infligée aux musulmans de France concerne l’ensemble de la communauté nationale» précise-t-il dans leur dernier communiqué.
Journée nationale de commémoration
En réaction à la répétition de ces actes de profanation, le Rassemblement des musulmans de France (RMF) propose d’instaurer une journée nationale de commémoration de la « mémoire des musulmans de France ». Et ceci « afin de sensibiliser les jeunes à la contribution des musulmans qui sont tombés sur le champs d’honneur pour défendre la dignité de leur nation, La France, et la liberté de tous les français, quelles que soient leurs religions ou leur croyances » souligne son président Anouar Kbibech dans le communiqué du RMF. A ce sujet, Anouar Kbibech, précise qu' "un contact formel" doit avoir lieu "dans les prochains jours" avec le ministère de l'Intérieur. Ce cimetière militaire où reposent 40 000 hommes compte 576 sépultures musulmanes. Le lieu inauguré en 1925 commémore les combats de la première guerre mondiale.
De son coté, la classe politique a aussitôt réagi. Le président de la République, Nicolas Sarkozy a dénoncé un «racisme répugnant» et souhaite « que les coupables soient rapidement identifiés, traduits en justice, et condamnés, avec toute la sévérité qui s'impose ». Même émotion exprimée par la première secrétaire du PS, Martine Aubry : « Chaque fois qu'un acte ignoble comme celui-là est commis, c'est une blessure pour tous les Français », a-t-elle affirmé.