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Procès des caricatures : « Charlie Hebdo » relaxé

| Vendredi 23 Mars 2007

Le directeur de publication de « Charlie Hebdo », Philippe Val, a été relaxé hier par le tribunal correctionnel de Paris. Il était poursuivi par la Grande mosquée de Paris, l’UOIF et la Ligue islamique mondiale pour avoir publié les caricatures danoises de Mohammed. Si Philippe Val se dit « satisfait » de la décision rendue, le Conseil français du culte musulman précise dans son communiqué que « le tribunal a largement justifié l’action en justice intentée ».



Les caricatures de Mohammed reprises par Charlie Hebdo en février 2006 ne constituent pas une injure envers les musulmans et la communauté musulmane de France. C’est la décision qu’a rendu le tribunal correctionnel de Paris hier en début d’après-midi, précisant tout de même qu’une des caricatures, à savoir celle représentant le Prophète affublé d’une bombe dans son turban, « laissait clairement entendre que la violence terroriste serait inhérente à la communauté musulmane » et que « ce dessin par sa portée était de nature à outrager l’ensemble des musulmans ».

Début février dernier, le parquet avait requis, au nom de la liberté d’expression, la relaxe de l’hebdomadaire et de son directeur de publication, ce dernier étant alors passible de six mois de prison assortis de 25 000 euros d’amende. « On est contents pour nous et pour vous, on va pouvoir faire notre métier. C’est une bonne nouvelle pour ceux qui croient à la liberté d’expression, pour les musulmans laïques et républicains. […]Cela va ouvrir pour eux un débat qui était nécessaire et qu’ils avaient eu beaucoup de mal à ouvrir » indiquait hier Philippe Val devant les journalistes.

Dans un communiqué publié hier, le Conseil français du culte musulman précise ne s’être fait « aucune illusion sur l’effet hostile à la saisine par ses deux composantes (Mosquée de Paris et UOIF) des tribunaux que pouvait exercer l’énorme pression médiatico-politique qui s’est manifestée dans ce procès en faveur des caricaturistes de Charlie-Hebdo », estimant que par ses attendus « le tribunal a largement justifié l’action en justice intentée par les différentes composantes du CFCM ».

L’Union des organisations islamiques de France a annoncé à l’issue du procès qu’elle allait faire appel de la décision. « La couverture de Charlie Hebdo a bien associé le Prophète et le terrorisme. Le prophète n’est pas celui des terroristes, c’est celui de l’Islam. Le Tribunal a reconnu l’offense » précisait l’un des plaignants hier. Me Szpiner quant à lui, avocat des organisations musulmanes a observé que « le Tribunal a considéré que, dans le contexte de l’époque, c’est-à-dire la reprise par Charlie Hebdo[des caricatures, ndlr], pour privilégier la liberté d’expression et la manière dont a été fait ce numéro qui se voulait une dénonciation de l’intégrisme, il n’y avait pas chez Charlie Hebdo la volonté de blesser. Et donc, c’est fort de cette volonté que Charlie Hebdo est relaxé. Mais ce que je retiens moi, c’est que le Tribunal a affirmé clairement que ce type de caricature était susceptible d’être condamnée et que dans un autre contexte, elle le serait. A partir de ce moment-là, nous nous réjouissons de voir que les Musulmans de France, comme n’importe quelle partie de la population bénéficient de la protection des lois de la République ».





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