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Politique

Présidentielle 2017 : des milliers d'électeurs radiés des listes dans plusieurs villes

Rédigé par Imane Youssfi et Samba Doucouré | Lundi 24 Avril 2017



Présidentielle 2017 : des milliers d'électeurs radiés des listes dans plusieurs villes
Des milliers d’électeurs ont eu une mauvaise surprise dimanche 23 avril en se rendant dans leur bureau de vote pour le premier tour de la présidentielle. La plupart d’entre eux ont appris sur place qu’ils ne figuraient plus sur les listes électorales, notamment à Strasbourg où la mairie a confirmé que plus de 16 000 personnes ont été radiées. Un problème de changement d’adresse est à l’origine de ce grand cafouillage.

Nombre d’entre eux se sont rendus au centre administratif de Strasbourg, puis au tribunal d'instance (TI) pour tenter de voter avant 20 heures. Malheureusement, le juge de permanence a, dans la plupart des cas, refusé leur demande, en application du Code électoral qui impose aux citoyens de signaler d'eux-mêmes à l'administration leur changement d'adresse.

« Nous avons radié 16 042 personnes des listes électorales, car leur carte d'électeur et les courriers que nous leur avons envoyés nous sont revenus avec la mention "n'habite plus à l'adresse indiquée" », a expliqué à l'AFP Pierre Laplane, le directeur général des services de la ville de Strasbourg. La municipalité avait procédé à une mise à jour des fichiers qui a eu lieu cette année.

Présidentielle 2017 : des milliers d'électeurs radiés des listes dans plusieurs villes

« Je n’ai pas été informée par courrier de cette radiation »

Pourtant, selon des témoignages variés qui circulent dans la presse, des citoyens ayant changé d’adresse il y a plusieurs années mais qui ont pu voter aux dernières élections locales n’ont pas pu le faire cette fois-ci, à l'image de Mehlia Lehlou. Cette habitante de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), âgée de 29 ans, a appris le jour même du scrutin qu'elle était radiée des listes électorales. « Je n’ai pas été informée par courrier de cette radiation », témoigne-t-elle auprès de Saphirnews. Elle avait pourtant voté en 2014 et en 2015 dans son bureau de vote après son déménagement en 2013, d'où son grand étonnement de ne pas voir son nom dans les listes.

« Je pensais en arrivant au tribunal d’instance qu’il n’y aurait pas plus de 10 personnes à sujet mais nous étions 200 » à être confrontées à une radiation jugée sommaire car la plupart, comme elle, ont déménagé sans pour autant être partis de Clichy, raconte la photographe indépendante. Il n’y avait qu’un seul juge, une secrétaire et une assistante avant qu’un second juge n’arrive face à l'afflux massif de plaignants. Pour les électeurs arrivés vers 10 heures, ils ont pu aller voter qu’à partir de 17 heures, dit-elle. Pas de pot pour les autres : « Le juge a promis de tout faire pour nous permettre de voter le 7 mai. »

Mehlia Lehlou entend porter plainte. « Le droit de vote est un droit acquis. Pour un vice de procédure, on arrive à vous empêcher de voter. C’est très grave. La municipalité ne veut faire aucun effort. Rémi Muzeau (le maire, ndlr) aurait pu dire "Il y a un souci, mais je peux autoriser exceptionnellement tout le monde à voter" » comme aux précédentes élections, souligne-t-elle. Le Parisien a chiffré autour de 4 000 radiés, soit 1 Clichois sur 10 mais très peu de personnes concernées par l’affaire ont fait le déplacement dimanche jusqu’au tribunal.

Des citoyens radiés habitant d'autres villes comme Nancy (Lorraine) ou La Queue-en-Brie (Val-de-Marne) n'ont pas manqué de poster leur mécontentement sur les réseaux sociaux. Quelques jours avant le premier tour, 500 000 électeurs, selon Le Monde étaient inscrits deux fois sur les listes électorales. Ce 23 avril, c'est la situation inverse qui s'est produite.





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