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Pour un Halal de qualité

Rédigé par Lazrak Jihen | Mercredi 26 Mars 2003

Ali Pillois, breton converti à l’Islam depuis 20 ans, est à la tête d’une association d’un nouveau genre, A.D.C.M, association de défense du consommateur musulman. Etre à l’écoute des consommateurs musulmans et aider les musulmans de France à s’enquérir de leurs droits est son objectif. Mais par-dessus tout, le Halal est son cheval de bataille. Il ne badine pas avec la « halalité des produits », selon son expression.



Ali Pillois, breton converti à l’Islam depuis 20 ans, est à la tête d’une association d’un nouveau genre, A.D.C.M, Association de Défense du Consommateur Musulman. Etre à l’écoute des consommateurs musulmans et  aider les musulmans de France à s’enquérir de leurs droits est son objectif. Mais par-dessus tout, le Halal est son cheval de bataille. Il ne badine pas avec la « halalité des produits », selon son expression.

 

La qualité avant tout

L’association s’est donnée comme chantier de rendre transparent le secteur Halal. D’abord, par une redéfinition de ce terme. En effet, selon Ali Pillois, la juridiction française traduit le Halal comme étant de la viande sans porc, traduction totalement erronée. Sur le site Internet de l’A.D.C.M, on peut lire que le Halal correspond à ce qui est licite en Islam, contrairement au Haram, qui veut dire illicite. Un verset du Coran vient préciser le caractère Halal de la viande qui doit être impérativement égorgée et sur laquelle doit être prononcée le nom de Dieu. Il est aussi fait mention de traditions prophétiques précisant les conditions de l’ « abattage rituel », entre autres, l’orientation de la bête vers la Mecque, et de « l’état physique  de la bête ». Une mise à plat qui va plus loin que le simple fait d’égorger la bête. Ali Pillois tient à certains principes : « la bête ne doit pas être égorgée devant son frère, l’animal doit avoir vécu sa vie d’animal, manger de l’herbe et pas pourri d’antibiotiques car sinon l’animal n’est pas sain…savoir d’où vient la viande, quelle région ? Le sexe de la bête, si c’est du bœuf, de la vache ou du charolais ? …La personne qui achète la viande a le droit de savoir ce que l’animal mange…le Halal vient en appui là-dessus. » Ce « Jean-Pierre Koff musulman » dénonce un étiquetage qui ne mentionne pas les véritables produits contenus dans les viandes : « Vous savez ce qu’il y a dans le casher ( saucisson)… ce sont des os broyés, du cartilage, de la gélatine… ce qui me dérange c’est qu’on ne le marque pas. » Il veut remettre de l’Ethique dans nos assiettes. Il évoque en exemple « Zem-Zem Cola » venu d’Iran qui utilise de l’eau de source pour la composition de sa boisson, « je suis content que des produits sortent avec pour but de produire de la qualité .»

 

Une solution : la « double traçabilité »

Ces exigences l’ont amené vers la création d’une double traçabilité. Ce concept renvoie tant au caractère halal de la bête qu’aux origines de celle-ci. Il souhaite que tout consommateur musulman puisse savoir ce qu’il y a vraiment derrière l’étiquette Halal d’un produit et pouvoir remonter jusqu’à l’éleveur de la bête, connaître les aliments qui lui ont été donné. Cette « double traçabilité » n’est pas encore effective à ce jour. L’association tente d’impulser cette dynamique à l’aide de partenariat entre le M.C.I ( Muslim Conseil International), qui est un organisme de contrôle de la viande Halal, Agreval, société qui offre une traçabilité agroalimentaire, retenue par le ministère de l’Agriculture et Sabil, vendeur de viande Halal. Dans un avenir proche, il suffira d’entrer le code d'un produit pour se voir présenter son historique . A terme, c’est la création d’une véritable norme musulmane qui est envisagée. Norme qui correspondrait au cahier des charges européen. Un gage de qualité qui, selon Ali Pillois, rendra beaucoup plus transparente et plus saine la filière Halal.

 

Social

Un autre volet de cette association est le social. L’A.D.C.M. traite tous les problèmes courants : « du problème de loyer avec le propriétaire à la fenêtre qui ne ferme pas, en passant par le divorce compliqué et les problèmes de papiers », ils se mettent au service de toute personne qui vient leur demander de l' aide, dans la mesure de leur possible. Ils sont des médiateurs entre les consommateurs et leurs difficultés. Pour cela, ils disposent dans leur équipe, d’avocats, de juristes…etc. A long terme, l’objectif de cette association, loi 1901, à but non lucratif, est de faire valoir leurs droits aux musulmans, aider l’Islam en France. Mais bien plus encore, « nous voulons faire prendre conscience aux associations musulmanes que nous sommes dans un pays de droit et qu’il est temps de s’occuper du droit pour obtenir nos possibilités de vivre correctement » explique Ali Pillois. L’A.D.C.M. veut aider l’Islam à avoir une certaine transparence en France.

Tâche gigantesque pour une association créée depuis seulement un an et qui ne dispose que de quelques heures de permanences téléphoniques le vendredi. Le public est tout de même demandeur. Un site Internet ( www.adcm.org ) et le « bouche à oreille » suffisent à une moyenne de trois ou quatre interventions par semaine ( en 2002).

 

 

 

 

 

 

 

 





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