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Plan banlieue : Nicolas Sarkozy ne convainc pas

| Samedi 9 Février 2008

C'est vendredi matin 8 février que Nicolas Sarkozy a dévoilé à l'Elysée son plan banlieue. Un plan qui est loin de faire l'unanimité. Manque de moyens, de concret, "privé de souffle", "une vraie déception", du côté de l'opposition comme des syndicats ou des associations, les réactions sont vives.



Fadela Amara, secrétaire d'état à la politique de la ville
Fadela Amara, secrétaire d'état à la politique de la ville

Mesures

"Réinventer la ville". C'est la mission que s'est donné le président de la République Nicolas Sarkozy qui, en compagnie de certains de ses ministres, présentait à l'Elysée vendredi 8 février son plan banlieue.

Parmi les mesures dévoilées par le président figure le déploiement de 4000 policiers supplémentaires dans les quartiers et dans les trois ans, "pour y maintenir l'ordre et lutter contre les violences urbaines". Autre "priorité", "les écoles de la deuxième chance, destinées à ceux qui ont décroché du système scolaire, vont être généralisées dans toute la France", tandis qu'un "contrat d'autonomie" devrait être créé, devant permettre à "plus de 100.000 jeunes" d'être accompagnés "vers l'emploi dans les trois prochaines années". "Chaque jeune qui le voudra aura ce contrat qui débouchera sur une formation, sur un contrat d'apprentissage ou sur un emploi", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Par ailleurs, des écoles de la deuxième chance, destinées à ceux qui ont décroché du système scolaire, vont être généralisées à travers toute la France. Et "les enfants des milieux défavorisés qui montrent des bonnes aptitudes scolaires, qui ne peuvent pas étudier chez eux dans de bonnes conditions se verront proposer un hébergement dans des internats".

Le président de la République a aussi demandé à sa ministre du Logement, Christine Boutin, de lui présenter un "plan complet en faveur de l'accession sociale à la propriété". "Je voudrais en finir avec ce postulat idéologique énonçant que le logement social doit être locatif, comme si on ne pouvait pas avoir des revenus modestes et devenir propriétaire", a-t-il déclaré, estimant qu'"on ne mesure pas le coût dû en partie au fait que les habitants des quartiers, notamment les plus jeunes, ne s'approprient pas leur logement".

Réactions

Pour le maire PS de Paris Bertrand Delanoë, "à l'issue de cette présentation partielle, déséquilibrée, chacun attend que soient précisés les moyens concrets qui seront mobilisés et qu'exige une action réelle pour l'égalité des chances, l'emploi, la lutte contre les discriminations et le désenclavement". "Le fait d'évoquer dans le même temps, insécurité et immigration, illustre un choix contestable, nullement dépourvu de préoccupations démagogiques et électoralistes", a-t-il ajouté.

"Puisque la mode est à l'évaluation au gouvernement, c'est au-dessous de la moyenne", a pour sa part estimé Julien Dray, ajoutant qu'"à part reprendre des choses qu'on connaissait déjà, il n'y a pas de souffle, pas de vision. Ce n'est pas l'élan en faveur d'une grande politique urbaine qu'on attendait".

Si "l'enjeu était que le président de la République affirme sa volonté politique d'un redéploiement des moyens de la République", Claude Dilain, le maire PS de Clichy-sous-Bois, se dit "de ce point de vue là, en partie déçu".

"On nous propose des palliatifs, comme les écoles de la 2e chance mais rien pour prévenir l'échec", dénonce pour sa part Gérard Aschiéri, du syndicat FSU, majoritaire dans l'éducation. Le plan annoncé reste selon lui "un renoncement, sans doute faute de moyens, à lutter véritablement contre les inégalités sociales, territoriales, au profit d'une égalité des chances à destination des individus qui le méritent".

A droite, le secrétaire général de l'UMP estime lui que "c'est par l'école que la République s'est faite, ce sera par l'école que la République reconquerra les banlieues. Pour la première fois le choix est annoncé d'une politique réaliste de l'immigration fondée sur la détermination de quotas annuels et démocratiques".

Fadela Amara, la secrétaire d'état à la politique de la Ville, a déclaré qu'"en fin d'année", nous allions "commencer à voir les premiers effets de cette nouvelle politique de la ville. Ce n'est pas une question d'argent, le Président lance une nouvelle dynamique. On est en rupture avec les précédents plans banlieue qui accumulaient les mesures".

Enfin, pour Mohammed Mechmache, du Collectif AC le feu, "le président a repris plusieurs idées qui figuraient dans les doléances des quartiers que nous avions récoltées: l'idée d'un contrat d'autonomie et que tous les ministres travaillent ensemble, ça c'est bien. Mais il ne nous a pas parlé des moyens et de la méthode. Il ne nous dit rien sur l'aide à apporter aux parents, alors que c'est essentiel. Il préfère insister sur les voyous, l'immigration".





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