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Place des Innocents contre le « mur de l’Apartheid »

Rédigé par Ben Othman Nadia | Mardi 16 Mars 2004

Samedi 13 mars, Place des Innocents à Paris. Une petite centaine de personnes s’est rassemblée pour protester contre la construction du mur que mène l’Etat d’Israël sur les terre de Palestine. Qualifié par l’autorité Palestinienne de « mur de l’Apartheid », ce mur fait l’objet d’une campagne de protestations internationales. Avec le slogan « Stop the Wall » (stoppez le mur), les opposants à la politique du gouvernement de M. Sharon rivalisent de créativité pour informer l’opinion sur les conséquences du mur. Saisie par l’Assemblée Générale de l’Onu, La Cour internationale de justice doit donner prochainement un avis sur les conséquences juridiques de la construction de ce mur.



Samedi 13 mars, Place des Innocents à Paris. Une petite centaine de personnes s’est rassemblée pour protester contre la construction du mur que mène l’Etat d’Israël sur les terre de Palestine. Qualifié par l’autorité Palestinienne de ' mur de l’Apartheid ', ce mur fait l’objet d’une campagne de protestations internationales. Avec le slogan ' Stop the Wall ' (stoppez le mur), les opposants à la politique du gouvernement de M. Sharon rivalisent de créativité pour informer l’opinion sur les conséquences du mur. Saisie par l’Assemblée Générale de l’Onu, La Cour internationale de justice doit donner prochainement un avis sur les conséquences juridiques de la construction de ce mur.

C’est dans une ambiance bon enfant qu’ils se sont tous retrouvés. Jeunes, vieux, associatifs ou simples particuliers. Palestiniens, non palestiniens, Juifs, Musulmans, Français, Arabes et même Américains. Répondant à l’initiative de plusieurs associations oeuvrant pour la Palestine ils se sont donnés rendez vous à la Fontaine des Innocents au centre de Paris.

Un rendez-vous militant et cosmopolite
Sous un soleil timide de fin d’hiver, à deux pas de la Galerie des Halles, bondée en ce samedi après midi, plusieurs militants tiennent des stands et appellent à signer la pétition contre le mur. Ici, les Casques Bleus Solidaires, rédacteurs de la pétition, distribuent tracts, autocollants, informent et sensibilisent les participants. Là, plusieurs autres organisations et des militants toujours plus motivés malgré le froid : Brigitte du Comité de Soutien au Peuple palestinien ' section Paris Est ' distribue des tracts pour la manifestation du 20 mars. Plus loin, l’association Nanterre-palestine, qui finance des projets pour le Camp de réfugiés d’El Bureij, invite à signer une pétition ' pour le droit au retour qu’on a tendance à oublier ', s’écrie une militante qui déplore que ' les accords de Genève enterrent complètement la question '. A ses côtés, une banderole ' américains contre l’occupation, en Irak et en Palestine ; bring troops home ' :courageux combat d’américains vivant en France et s’opposant, envers et contre tout, à la politique étrangère de Bush. ' Les difficultés du contexte actuel font que le nationalisme joue ; beaucoup d’américains soutiennent la politique américaine, mais les conditions peuvent changer  rapidement', lance l’un d’eux.

Dans la foule, beaucoup de jeunes femmes, venues ' entre copines ' pour la plupart. Deux jeunes françaises de confession juive s’attardent devant les cartes retraçant l’histoire de la Palestine. En venant ici, elles ne savaient pas ce qu’est la Cisjordanie, ' on pensait que c’était des palestiniens qui vivaient là-bas et occupaient Israël '. Trois jeunes filles, drapées aux couleurs palestiniennes, écoutent avec attention Leila Shahid à la tribune, venue soutenir les participants au rassemblement, ' la Palestine ça nous tient à cœur, on a appris beaucoup de choses aujourd’hui, on a bien fait d’être venues '.

Sur fond de musique orientale, une danse palestinienne s’improvise. Hommes et femmes, main dans la main, sautillent allègrement sous les applaudissements et sourires de la foule. Les cracheurs de feu des Halles se joignent à eux. L’ambiance est joyeuse devant le mur gris en polystyrène, érigé pour l’occasion, réplique exacte de celui que Israël nomme la ' barrière de sécurité '.

' Le mur tombera au nom de la justice, de la paix '
Plusieurs personnalités du monde politique ou associatif ont pris la parole pour dire non au ' Mur de l’oppression '. Leila Shahid, déléguée générale de la Palestine en France, très acclamée, encourage ' toutes les forces de paix à se rassembler contre la militarisation du monde ' et fustige Bush et Sharon ' qui emploient les même termes de guerre préventive, de lutte antiterroriste […], le mur va être le prix que les américains doivent payer à Sharon pour qu’il se retire de gaza. Il se retire en demandant la garantie que le Mur soit reconnu par l’administration américaine '. Et d’ajouter ' 34 personnalités françaises, membres d’associations pour le jumelage des villes françaises avec les camps de réfugiés palestiniens, devaient se rendre en Israël pour rencontrer des militants des mouvements de paix. On leur a interdit de prendre l’avion. Est-ce normal au moment où l’on accueille avec tant d’emphase le Président Katsav et l’ancien ministre de la défense S. Mofaz ? '.

Lui succède Elik, un jeune soldat israélien refusant de servir dans les territoires occupés, qui s’exprime au nom de l’association  Courage de refuser. ' Tsahal n’assure pas la sécurité d’Israël mais l’occupation et assure ainsi son insécurité […] les actions que j’ai menées en tant que soldat n’ont jamais amené la sécurité, elles n’amènent rien de bien '.

Après le jeune Elik, c’est au tour de Majed, un étudiant palestinien en France, de dénoncer le mur qui, dit-il : ' tombera au nom de la justice, de la paix '.

Le ton se veut ensuite plus politique avec l’intervention d’Alima Boumediene, députée au Parlement Européen, qui montre du doigt ' l’hypocrisie de l’Europe qui, d’un côté défend le respect des droits humains, mais de l’autre, vote le renouvellement des accords de coopération avec Israël, dont le volet scientifique sert en partie à la recherche militaire ' dit-elle, avant d’ajouter : ' Il faut, à l’approche des élections, aller voir vos candidats, les interpeller sur la question, les interroger ! '.

Un dialogue musclé en fin de rassemblement
En fin d’après midi, un attroupement se forme en plein milieu de l’esplanade. Au centre, une discussion animée entre un militant et un jeune français de confession juive qui refuse de signer la pétition contre le Mur et interpelle ' pourquoi est-ce que personne ne condamne les explosions de bus à Tel Aviv ? ' Dans la foule, un palestinien lui répond ' je condamne les explosions de bus mais je condamne d’abord et avant tout la politique criminelle menée par tous les gouvernements israéliens et qui sont la cause de ces explosions '. L’associatif lui répond alors ' le premier attentat kamikaze contre des civils date de 1995, cela veut-il dire qu’avant 1995 il n’y avait ni occupation, ni humiliations ? Pourquoi personne n’est ému quand ce sont des civils palestiniens qui sont tués ? Lors de la première Intifada, plus de deux milles palestiniens ont été tués alors que pas une seule balle n’avait été tirée contre l’armée israélienne, pas une seule ! '. A court d’arguments lorsqu’on lui parle des milices juives en France qui, pignon rue, agressent violemment les défenseurs des droits des palestiniens ' et ne sont jamais jugés ', le jeune homme préfère s’enfuir, prétextant être menacé par une foule d’arabes pro-palestiniens. Ironie de l’histoire, il demandera à trois d’entre eux de l’escorter jusqu’au métro.

La discussion glisse vers les conditions de vie des palestiniens, des barrages, des checks-points, des couvre-feu jusque vers 19heures, à la tombée de la nuit. Dans le calme, la foule se disperse.





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