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Arts & Scènes

Patrimoine : de Bâmiyân à Palmyre, des sites vraiment éternels ?

#SitesEternels #WorldHeritage #PatrimoineEnPéril #Unite4Heritage

Rédigé par | Mercredi 14 Décembre 2016

S’immerger dans les vestiges de l’humanité grâce à la 3D. C’est ce à quoi nous invite l’exposition gratuite « Sites éternels : de Bâmiyân à Palmyre, voyage au cœur des sites du patrimoine universel » présentée au Grand Palais, du 14 décembre 2016 au 9 janvier 2017. Yannick Lintz, directrice du département des Arts de l’islam au musée du Louvre et co-commissaire scientifique de l’exposition, en explique le concept novateur.



Classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979, la Grande Mosquée des Omeyyades (VIIIe siècle), située à Damas (Syrie), est depuis 2013 sur la liste du patrimoine en péril. Elle est à découvrir en réalité augmentée à l’exposition « Sites éternels », au Grand Palais. (Photo © Iconem / DGAM)
Classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979, la Grande Mosquée des Omeyyades (VIIIe siècle), située à Damas (Syrie), est depuis 2013 sur la liste du patrimoine en péril. Elle est à découvrir en réalité augmentée à l’exposition « Sites éternels », au Grand Palais. (Photo © Iconem / DGAM)
Alors que la communauté internationale reste impuissante à faire cesser la guerre en Syrie et qu’Alep est devenu un champ de ruines s’ouvre ce mercredi 14 décembre une exposition destinée à sensibiliser le grand public à la sauvegarde du patrimoine en danger. Co-organisée par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais et le musée du Louvre, sous le patronage de l’Unesco, l’exposition « Sites éternels : de Bâmiyân à Palmyre, voyage au cœur des sites du patrimoine universel » propose aux visiteurs une visite immersive de sites aujourd’hui inaccessibles parce que situés en pleine zone de conflit.

Une émotion universelle

« Nous avons décidé de centrer le regard sur la Syrie et l’Irak. Il s’agit non pas de parler de tout le patrimoine qui a été détruit (au Yémen ou en Libye, par exemple), mais de choisir des sites emblématiques qui symbolisent les destructions récentes », explique Yannick Lintz, directrice du département des Arts de l’islam au musée du Louvre et co-commissaire scientifique. « Pour ce qui est des sites anciens de la Syrie, il s’agit du site de Khorsabad et du site de Palmyre », présente-t-elle. « La destruction du site de Palmyre a suscité une grande émotion universelle et le site de Khorsabad, très présent dans les collections du Louvre, est identifié par ses fameux taureaux de Nimroud, qui sont sans doute parmi les premières photos de destructions mises en scène par Daesh. »


Le Krak des chevaliers, situé dans l’ouest de la Syrie, est un château fort datant de l’époque des croisades (photo © Iconem / DGAM)
Le Krak des chevaliers, situé dans l’ouest de la Syrie, est un château fort datant de l’époque des croisades (photo © Iconem / DGAM)
« Il nous a semblé aussi important d’évoquer deux sites d’époque islamique (la Grande Mosquée des Omeyyades et le Krak des chevaliers) pour faire comprendre qu’il ne s’agit pas − comme on peut parfois l’imaginer − de l’islam qui détruit la civilisation préislamique des idoles. Dans ces destructions massives, le patrimoine islamique peut aussi être menacé », souligne Yannick Lintz.

Témoin de la présence des chrétiens en Orient, le Krak des chevaliers, situé dans l’ouest de la Syrie, « a été construit par les croisés, c’est-à-dire par les chrétiens latins qui ont occupé le territoire durant les croisades, et a ensuite été réoccupé par les Arabes, après le départ des croisés, et notamment par la dynastie mamelouke », évoque la co-commissaire scientifique.

Le patrimoine reprend vie en 3D

L’exposition s’organise en deux sections. Dans la première, intitulée « Site universel », « les visiteurs sont immergés grâce aux technologies de la réalité augmentée dans ces quatre lieux, qui seront évoqués successivement à travers des films projetés à 360° », explique Yannick Lintz. « Chaque lieu est également présenté matériellement à travers une œuvre issue des collections du Louvre. » Dans la seconde section, le « Laboratoire des images » permet aux visiteurs d’appréhender les techniques de relevés utilisées par les archéologues, depuis les classiques gravures, plans et aquarelles jusqu’aux photographies prises par les drones, images numériques et reconstitution 3D dynamique.

Pour ceux qui ont eu la chance de visiter les sites avant la guerre, le Grand Palais invite à partager leurs plus belles photos sur un compte Instagram souvenirs_sites_eternels afin de conserver et d’enrichir la mémoire des lieux. Une façon de mobiliser de façon participative les citoyens sur les réseaux sociaux, à l’instar de la campagne #Unite4Heritage lancée par l’Unesco.

Sites éternels : de Bâmiyân à Palmyre, voyage au cœur des sites du patrimoine universel
Exposition gratuite, du 14 décembre 2016 au 9 janvier 2017
Grand Palais : 3, avenue du Général Eisenhower − Paris 8e



Journaliste à Saphirnews.com ; rédactrice en chef de Salamnews En savoir plus sur cet auteur


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