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Culture & Médias

Paris VIII : la Palestine à l’honneur d’un festival

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Vendredi 6 Mars 2009

A l’université Paris VIII-Saint-Denis, en région parisienne, le mois de mars s’annonce palestinien. Porté par une dizaine de ses étudiants, le Festival Printemps Palestine, qui se tiendra du 9 au 31 mars, est l’aboutissement de plusieurs mois de travail. A chaque date, son évènement. Au total, c’est une dizaine de dates programmées afin de sensibiliser le corps étudiant à la question palestinienne, plus brûlante que jamais un mois après la fin effective de l’agression israélienne contre Gaza.



Un festival entièrement dédié au peuple palestinien ? « Il n’y qu’à Paris VIII que cela peut se faire ! », s’exclame Nadia, 33 ans, de passage à la fac. C’est à l’initiative de plusieurs étudiants de l’université de Saint-Denis, en région parisienne, que le Festival Printemps Palestine est né. Quelque soit leurs départements d’étude et les associations auxquelles ils appartiennent, tous sont unis par un même engagement : celui d’une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens. Pour cela, quoi de mieux que de mettre en avant la Palestine -Cisjordanie et Gaza réunies- ainsi que la résistance de son peuple au travers de sa culture auprès d’un public essentiellement jeune. Tel est l’objectif du Festival qui aura lieu au sein de l’université dès ce lundi 9 mars.

Paris VIII : la Palestine à l’honneur d’un festival

Résister par la culture

Cette initiative, soutenue par la présidence et de nombreux professeurs, vise à informer, conscientiser et sensibiliser à la situation des Palestiniens à l’heure où l’offensive israélienne contre Gaza fin décembre a laissé des traces sanglantes dans la région. Née bien avant ces attaques, la dynamique estudiantine a été amplifié par la couverture médiatique des évènements au Proche-Orient. Depuis, les bombardements ont officiellement cessé. Entre-temps, l’idée s’est concrétisée pour devenir un Festival ponctué de nombreux points forts.

Projections de films suivies de débats ; expositions photos ; réunions publiques autour d’intervenants de renom ; lecture musicale de poèmes engagés ou encore danseurs de dabké (danse palestinienne)… autant d’évènements qui feront de Paris VIII un lieu incontournable ce mois-ci pour mieux connaître la richesse culturelle de la Palestine, de l'avis du comité d'organisation.

Originaire des États-Unis, James Cohen, maître de conférences en sciences politiques, figure parmi les premiers professeurs à accorder un soutien sans faille au Festival. « Il existe comme une tradition de solidarité avec les Palestiniens dans cette université et je me sens partie prenante de cette tradition. A mon avis tout ce qui peut contribuer à une meilleure compréhension de l’histoire et de la culture des Palestiniens représente un pas dans le bon sens », s’explique t-il.

Selon lui, « l’un des principaux obstacles à un règlement juste et durable de ce conflit est que le peuple palestinien, en quête d’autodétermination, n’est pas reconnu comme une nation « sérieuse » par ceux qui prennent les décisions stratégiques qui comptent (…). Aux États-Unis, l’image des Palestiniens est sérieusement déformée. On en parle comme un peuple par nature violent (…) ayant un penchant pour le terrorisme. Il n’est pas strictement impossible mais il est difficile tout de même, de faire passer dans l’espace public américain un portrait équilibré du peuple palestinien : sa diversité interne, ses modes de vie, les aspirations de ses jeunes, ses traditions liées à une terre, ses formes d’expression culturelle. En France (…) l’opinion est moins fermée à une reconnaissance des Palestiniens ».

Une solidarité franco-palestinienne affichée

Autres temps forts du festival: la vidéo-conférence le 12 mars prochain entre les étudiants et professeurs de Paris VIII et ceux de l’université Al-Aqsa de Gaza, partiellement détruite lors de l’offensive. Malgré les lourdes pertes humaines, la faculté a décidé de reprendre les cours comme l’expliquait fin janvier, le Palestinien Ziad Medoukh, professeur de français à Al-Aqsa : « L’éducation est un élément sacré pour les Palestiniens, la poursuite des cours fait partie de la résistance non violente et populaire de notre peuple contre les attaques ».

Le point d’orgue de ces manifestations sera, sans aucun doute, la plantation d’olivier, symbole de paix et de résistance, en présence de nombreuses personnalités et d’élus locaux le 31 mars, au lendemain de la Journée de la Terre. Le tout suivi d’un grand concert aux artistes bien éclectiques qui clôturera le Festival que les étudiant(e)s-organisateurs (-trices) espèrent réussi aux résultats pérennes.

Programme du Festival




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