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Sur le vif

Pakistan : le film Raees interdit, accusé de stigmatiser les musulmans

Rédigé par | Mercredi 8 Février 2017 à 13:41

           


Le gouvernement pakistanais a pris la décision d’interdire la projection dans les salles de « Raees », une superproduction de Bollywood. Mubahsar Hassan, président du Bureau de la censure, a déploré auprès de l’AFP un film qui « présente les musulmans comme des terroristes et des gens violents ».

Un autre responsable déclare que « ce film envoie le message que tous les musulmans sont (...) des criminels, tandis que les hindous sont des gens respectables qui les empêchent de mal agir ». Raees raconte l’histoire d’un gangster qui, dans les années 1980, a fait fortune dans la contrebande d’alcool. Il est sorti dans les salles indiennes le 25 janvier dernier.

Les films indiens sont très appréciés au Pakistan et l’acteur Shah Rukh Khan, vedette du film, jouit d’une immense popularité. L’interdiction a donc suscité de nombreuses réactions de dépit.

Le cinéaste et journaliste pakistanais Hasan Zadi a tweeté que « l'interdiction de #Raees est un exemple du type d'absurdités perpétrées par les croisés de la morale et les bureaucrates serviles du Pakistan ». L’écrivain Haji S. Pasha s’est, lui, ému du cas de Mahira Khan, une actrice pakistanaise qui y interprète son premier grand rôle : « Bannir Raees, c’est bannir Mahira qui fait ses débuts d’actrice. Pourquoi autant de haine envers Mahira ? »

En revanche, l’avocate et universitaire Yasmeen Ali soutient la censure, dénonçant un long métrage qui montre « des musulmans d'une branche spécifique de l'islam en train de commettre des crimes et d'agir en terroristes ».

Les relations diplomatiques entre l’Inde et le Pakistan sont toujours tendues. En octobre dernier, les cinémas pakistanais ont choisi de ne plus projeter de films bollywoodiens. Ce n’est qu’en janvier que l’opération de boycott a pris fin. L’Indian Motion Pictures Produces Association, organisme de représentation des studios indiens, avait en retour interdit aux acteurs et aux techniciens pakistanais de travailler à Bollywood.

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