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Pakistan: Un deuil national de trois jours

| Vendredi 28 Décembre 2007

Benazir Bhutto devait être inhumée aujourd’hui dans son village familial du sud du Pakistan au lendemain de l'attentat-suicide qui lui a coûté la vie et a déclenché des émeutes à travers le pays. Le Pakistan a décrété un deuil national de trois jours.



Le cercueil de Mme Bhutto transporté par des sympathisants
Le cercueil de Mme Bhutto transporté par des sympathisants
Un deuil national de trois jours

Le Pakistan a décrété un deuil national de trois jours suite à la mort de Benazir Bhutto, ex-dirigeante du pays tuée hier.

Elle fut, en effet, la première femme à avoir dirigé un pays musulman en 1988.

La dépouille de Mme Bhutto est arrivée à l'aube dans la province méridionale du Sindh où sont prévues ses funérailles, a indiqué son porte-parole Farhatullah Babar.

Mme Bhutto devait être enterrée vers 08H30 GMT dans le mausolée familial de Garhi Khuda Bakhsh, près de la ville de Larkana (sud).



Attaque suicide

C’est à l'issue d'un meeting électoral de Benazir Bhutto, leader du Parti du peuple pakistanais (PPP) et chef de file de l'opposition au président Pervez Musharraf que l'attaque-suicide s'est produite à Rawalpindi, près d'Islamabad.

Selon des sources policières, le kamikaze a d'abord ouvert le feu, l'atteignant d'une balle au cou alors qu'elle saluait la foule depuis le toit ouvrant de sa voiture blindée, puis il a déclenché la bombe qu'il portait.

Benazir Bhutto, 54 ans, est morte à l'hôpital. Au moins 20 autres personnes ont été tuées et 56 blessées, selon le ministre de l'Intérieur.



« J’en rendrai Musharraf responsable »

L'assassinat de Benazir Bhutto est le dernier d'une série record d'attentats suicide dans l'histoire du Pakistan, qui ont fait près de 800 morts en 2007.

Le plus meurtrier avait eu lieu le 18 octobre, quand deux kamikazes avaient tué 139 personnes dans un gigantesque défilé de sympathisants qui célébraient à Karachi le retour de Mme Bhutto après six années d'exil.

Benazir Bhutto avait réchappé à l'attaque mais les autorités avaient multiplié depuis les avertissements, assurant que des informations "précises" laissaient redouter que des terroristes ne tentent de la tuer.

Selon un courrier électronique dévoilé jeudi par les médias américains, Mme Bhutto avait accusé le président Musharraf de lui refuser une protection adéquate ces derniers mois.

Si quelque chose m'arrive au Pakistan, "j'en rendrai Musharraf responsable" avait-elle écrit dans un message adressé à son porte-parole américain Mark Siegel et révélé par la chaîne CNN.

L'ambassadeur du Pakistan aux Etats-Unis, Mahmoud Ali Durrani, a récusé ces affirmations.


Des partisans de Benazir Bhutto manifestent

Vendredi, quelque 4.000 partisans de Benazir Bhutto ont manifesté dans le nord-ouest du Pakistan et ont mis à sac les bureaux d'un parti politique proche du pouvoir.

A Karachi, la police a annoncé que la foule avait pillé trois banques avant de les incendier. Selon un porte-parole, les forces de sécurité du sud du Pakistan ont été autorisées à tirer sur les émeutiers.

A Multan, dans le centre du pays, des témoins ont rapporté que les policiers ont tiré des grenades lacrymogènes sur la foule qui répliquait à coups de pierres et des émeutiers ont mis à sac sept banques et une station-service.

Jeudi soir, au moins dix personnes ont été tuées au Pakistan dans les violentes émeutes qui ont éclaté policiers et partisans de Mme Bhutto.




Bernard Kouchner dénonce un  "assassinat de la démocratie"
Bernard Kouchner dénonce un "assassinat de la démocratie"
Hommage

Le président George W. Bush a appelé les Pakistanais à "honorer la mémoire de Benazir Bhutto en poursuivant le processus démocratique pour lequel elle a si courageusement donné sa vie".

Dans une lettre adressée au président pakistanais Pervez Musharraf, Nicolas Sarkozy "condamne cet acte odieux avec la plus grande fermeté" et exprime son "émotion et indignation."

Bernard Kouchner a dénoncé un "assassinat de la démocratie" intolérable et a enjoint l'ensemble de la communauté internationale à faire des efforts pour aider le Pakistan.

Bernard Kouchner a par ailleurs souhaité que les élections législatives du 8 janvier soient maintenues pour ne pas menacer la stabilité d'une puissance nucléaire comme le Pakistan, déjà fragilisée par la disparition de Mme Bhutto.

Le Premier ministre par intérim pakistanais a annoncé vendredi que pour l'instant le calendrier pour les législatives ne devrait pas être modifié.





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