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PO : L’administration US remet en cause le droit au retour des réfugiés et les frontières de 1967

Rédigé par Bouchene Salem | Vendredi 16 Avril 2004

En visite à Washington ce mercredi 14 avril, le Premier ministre israélien Ariel Sharon ne devait pas en croire ses oreilles. Lors d’une conférence de presse, le président W.Bush à détruit plus de 40 années de luttes et de négociations en déclarant obsolètes les frontières de 1967 et en remettant en cause le droit au retour des réfugiés palestiniens. Pendant que Sharon jubile, une question demeure : comment les palestiniens peuvent-ils réagir à ces déclarations ?



En visite à Washington ce mercredi 14 avril, le Premier ministre israélien Ariel Sharon ne devait pas en croire ses oreilles. Lors d’une conférence de presse, le président W.Bush à détruit plus de 40 années de luttes et de négociations en déclarant obsolètes les frontières de 1967 et en remettant en cause le droit au retour des réfugiés palestiniens. Pendant que Sharon jubile, une question demeure : comment les palestiniens peuvent-ils réagir à ces déclarations ? .

 

 

Pas de retour pour les réfugiés

Après l’assassinat du Cheik Yassine le 22 mars dernier, les dernières déclarations du président américain G.W Bush sur le Proche Orient sonnent comme un nouveau coup dur pour les palestiniens. En effet, celles-ci ont abattu toutes les résolutions de l’ONU ainsi que tous les accords existants entre les deux parties.

 

En même temps qu’il réaffirme le caractère juif de l’Etat israélien, W.Bush déclarait que les frontières de 1967 n’était plus d’actualité étant donné le contexte. Alors que la feuille de route stipulait le gèle de la colonisation, il affirmait aussi le droit à l’existence des colonies israéliennes de Cisjordanie, considérées jusqu’ici comme illégales.

Par ailleurs W.Bush ajoutait qu’il ne devait plus être question du droit au retour des réfugiés palestiniens et que ceux-ci ne pouvait retourner que dans un Etat palestinien

Tout en apportant son soutien à un Etat palestinien indépendant, le président américain a effectué mercredi un virage majeur de la politique américaine au Proche-Orient en jugeant «irréaliste» un «retour complet aux lignes de l'armistice de 1949» et en excluant  le droit des réfugiés à retourner en Israël après la création d'un Etat palestinien.

 

 

Inquiétude et colère du coté  palestinien

Avec cette déclaration, W.Bush donne le feu vert à Sharon pour décider de l’avenir des palestiniens et fait signal à la communauté internationale de se contenter d’approuver et de soutenir les plans israéliens.

 

Après la stupeur et l’inquiétude, c’est la colère qui a envahi le cœur des palestiniens.

Au cours d'une conférence de presse,  le premier ministre palestinien Ahmed Qoreï a déclaré furieusement que 'les palestiniens ne pouvaient pas accepter cela, car ces questions doivent être décidées lors de négociations entre Israéliens et Palestiniens. Ce n'est pas au président des Etats-Unis de décider ce qui est réaliste et ce qui ne l'est pas'.
M. Qoreï s'est également indigné, au cours d'un entretien réalisé ultérieurement à la télévision du Qatar Al-Jazira, que M. Bush soit 'le premier président américain qui donne une légitimité à la colonisation sur la terre palestinienne'. 'Nous n'acceptons pas que les Etats-Unis traitent avec la partie forte en faisant fi des droits de la partie faible', a ajouté M. Qoreï.

 

Les factions radicales palestiniennes ont réagi, de leur côté, en estimant que le discours de M. Bush validait leurs thèses. A Damas où il réside, Khaled Mechaal, le chef du bureau politique du Mouvement de la résistance islamique (Hamas), a déclaré que la déclaration du président américain apportait la preuve que 'la résistance armée est la seule voie' pour les Palestiniens. M. Mechaal a ajouté que le discours de M. Bush marquait la fin 'des illusions selon lesquelles il pourrait y avoir un règlement politique -entre Israël et les Palestiniens- parrainé par les Etats-Unis'.
A Gaza, des représentants du Djihad islamique, Khaled Al-Batch et Mohammed Al-Hindi, ont jugé qu'il constituait une 'déclaration de guerre' contre le peuple palestinien.

 

Pour Yasser Arafat, ce sont des concessions inacceptables. «Notre destin, c'est de défendre notre terre, nos lieux saints, notre droit à la liberté et à l'indépendance et le retour des réfugiés (...) sur leurs terres», a t-il déclaré jeudi dans une intervention télévisée.

 

A Bruxelles, l'Union européenne, un des principaux partenaires de la «feuille de route», a pris ses distances avec le plan israélien, le jugeant «plutôt différent» du plan de paix élaboré par le Quartet. Le porte-parole de la commission européenne, Reijo Kemppinen, a souligné que «l'UE ne reconnaîtra aucune modification des frontières prévalant avant 1967», sauf si elle émane d'un accord entre les

deux parties.

«Tout retrait des territoires occupés, mesure positive en soi, doit s'inscrire dans le cadre de la feuille de route en concertation avec l'Autorité palestinienne», a précisé le président français Jacques Chirac lors d'un déplacement en Algérie. «Ce retrait doit être une étape vers la création d'un Etat palestinien viable

à côté d'Israël», a-t-il ajouté.


De son côté, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a une nouvelle fois marqué son opposition au texte, affirmant que les actions unilatérales sont «vouées à l'échec».

Les réactions dans le monde arabe ont été moins nuancées. A l'image du président libanais Emile Lahoud, les dirigeants arabes accusent Bush de jeter de l'huile sur le feu au Proche-Orient en imposant aux Palestiniens une solution négociée entre Israël et les Etats-Unis.

Un soutien non sans intérêt !

Le soutien sans faille accordé par le président américain George W. Bush au plan israélien de retrait va sans doute permettre au Premier ministre israélien d'obtenir l'approbation du Likoud pour voter le 2 mai prochain en faveur du plan qui prévoit notamment le retrait de la Bande de Gaza, assorti de l'annexion de fait de certaines implantations juives de Cisjordanie. Mais Sharon a clairement fait savoir qu'un retrait de Gaza s'accompagnerait du maintien d'un certain nombre de colonies en Cisjordanie, ce que Bush a approuvé au nom des 'réalités sur le terrain',

 

Le renversement de situation en Irak, les difficultés qu’y rencontrent les troupes américaines et la contestation de plus en plus vive des américains mettent G.W.Bush dans une position difficile pour les présidentielles. Aussi ce dernier doit-il assurer ses arrières.

Dans ce contexte il n’est pas illégitime de penser que le soutien américain à Israël n’est pas sans intérêt et qu’il vise tout simplement à capter le vote de la population juive américaine dont le lobby, on le sait, est très puissant.





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