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Economie

Orange prêt à se retirer d’Israël, la campagne BDS renforcée

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Vendredi 5 Juin 2015

Le groupe français Orange a annoncé qu'il était prêt à se désengager d'Israël. Une décision qui enrage les autorités de l'Etat hébreu dans un contexte où la campagne de boycott contre Israël gagne du terrain dans le monde.



Stéphane Richard, PDG d'Orange, a annoncé le 3 juin le retrait prochain de son groupe d'Israël.
Stéphane Richard, PDG d'Orange, a annoncé le 3 juin le retrait prochain de son groupe d'Israël.
La campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) porte vraisemblablement ses fruits contre Orange.* Le groupe français a décidé de mettre fin à son partenariat avec l’opérateur israélien Partner Communications, qui a des activités dans les territoires occupés palestiniens.

« Je suis prêt à abandonner demain matin » les liens avec Partner. Ces mots prononcés par Stéphane Richard, PDG de l’opérateur, mercredi 3 juin au Caire, ont fait l’effet d’une bombe. Le PDG a également annoncé qu’il était prêt à voir Orange « se retirer d'Israël », tout en faisant attention à ne pas exposer sa société « à des risques énormes » sur le plan légal ou financier.

Orange, conspué en Israël, se justifie

La colère d’Israël ne s’est pas fait attendre. Les autorités israéliennes ont réclamé des excuses d'Orange et ont demandé de la France de rejeter la décision de la marque, qui appartient à l'Etat à hauteur de 25 %. Le ministère israélien des Affaires étrangères a aussi fait parvenir le 3 juin un courrier auprès de la compagnie pour le presser de « ne pas prendre part à l'entreprise de mensonges qui vise injustement Israël ». « Je suis confiante dans le fait qu'elles ne reflètent pas les intentions de votre compagnie. Je vous presse donc de clarifier cette question dès que possible », est-il écrit dans le courrier.

Isaac Benbenisti, qui devrait prendre la présidence de Partner le 1er juillet, a accusé Stéphane Richard de céder aux « pressions très importantes des (groupes) pro-palestiniens » et l'a menacé de poursuites en cas de rupture du contrat de licence.

Dans un communiqué, Orange a confirmé son intention de se retirer « à terme » d’Israël, en prenant le soin de démentir toute motivation politique dans sa décision. Son PDG a affirmé que l'accord permettant à Partner d'utiliser l'image d'Orange - le seul dans le monde du type - date de 1998, avant l’acquisition de la marque par France Télécom en 2000, et qu'il devait être révisé. Cependant, aux quatre coins du globe, la nouvelle a été fort bien accueillie par les militants de la campagne BDS, qui y voient le résultat d'un travail entamé de longue date contre Orange.

Des militants de BDS contre Orange.
Des militants de BDS contre Orange.

Une campagne renforcée

Dernièrement, en France, des membres de BDS ont participé le 27 mai à un rassemblement devant le Palais des congrès de Paris ou se tenait l'assemblée générale d'Orange. La veille, des associations et syndicats, auteurs du rapport « Les liaisons dangereuses d’Orange », avaient rencontré des membres de la direction d'Orange, qui avaient alors « nié la gravité de son accord avec l'entreprise israélienne Partner », avait informé BDS France.

Dans le même temps, une campagne de boycott contre l'opérateur égyptien Mobinil, détenu à 94 % par Orange, avait été lancée dans le pays des Pharaons pour dénoncer les liens du groupe français avec l'occupation. Malgré l'annonce de Stéphane Richard, les organisations engagées pour le désinvestissement d'Israël demeurent vigilantes et appellent à maintenir la pression. Le contrat de partenariat, renouvelé en 2011 puis amendé cette année, est appelé à expirer qu'en 2025. Par ailleurs, aucune marque de dénonciation d'Orange contre l'occupation des Palestiniens n'a été, jusqu'à présent, visible.

Preuve du succès de la campagne BDS, le président israélien Reuven Rivlin a déclaré que celle-ci est « équivalent à une menace stratégique ». « Ceci est de l'antisémitisme sous forme nouvelle mais avec les mêmes symptômes », a lâché la ministre de la Justice Ayelet Shaked. Après l'adhésion au boycott d'Israël par un important syndicat étudiant britannique (NUS), une session extraordinaire a été organisée à la Knesset le 3 juin pour discuter de mesures chargées d'endiguer le mouvement de solidarité, qui n'est pas prêt de s'affaiblir.

* Mise à jour dimanche 7 juin : « Orange est présent en Israël pour y rester », a assuré Stéphane Richard, samedi 6 juin, pour faire oublier ses propos au Caire. Pour en savoir plus sur les dernières déclarations de la marque mais aussi de la France, qui détient un quart du capital du groupe, cliquez ici.

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