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Economie

Ô France, que serais-tu sans immigrés ?

Une journée sans immigrés prévue pour le 1er mars 2010

Rédigé par Propos recueillis par Hanan Ben Rhouma | Lundi 23 Novembre 2009

Marre d’être présentés comme des « problèmes » pour la société, les immigrés, leurs enfants et tous ceux qui veulent protester contre la politique d’immigration du gouvernement sont appelés à ne pas consommer et ne pas travailler le 1er mars 2010. Plus de 5 000 personnes ont d’ores et déjà rejoint le réseau via Facebook, et leur nombre ne cesse de croître de jour en jour. Nadir Dendoune, un des porte-parole du collectif « La journée sans immigrés, 24 h sans nous », explique l’initiative pour Saphirnews à quelques heures d’une conférence de présentation, mardi 24 novembre.



Ô France, que serais-tu sans immigrés ?

Saphirnews : D'où vous est venue l'idée d'organiser cette « journée sans immigrés »? Combien de personnes regroupe le collectif à ce jour ?

Nadir Dendoune : C'est un projet collectif. Des citoyens, venant de tous horizons, non partisans, ont décidé de s'unir et de créer un collectif « La journée sans immigrés, 24h sans nous ».
A ce jour, 10 comités se sont créés en province, rejoints par des chercheurs, des politiques, des syndicats, de grandes associations comme RESF (Réseau éducation sans frontières), ainsi que de nombreux citoyens.
Les derniers propos de Brice Hortefeux ont été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase : en septembre dernier, lors de l'Université d'été de l'UMP, le ministre de l'Intérieur avait lancé goguenard : « Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. » Hortefeux posait alors pour la photo avec un militant d'origine maghrébine.
Mais les dérapages verbaux ne sont pas l'apanage de la droite, on pourrait citer Manuel Valls (PS), qui regrettait qu'il n'y ait pas assez de « Blancs » dans sa ville, ou Georges Frêche qui remarquait que l'équipe de France soit « black-black-black ».
Disons juste que, ces dernières années, il existe un climat nauséabond, une parole qui se banalise, et ce jusqu'au plus haut sommet de l'Etat, des discours de plus en plus stigmatisants.

Quels sont vos objectifs ? Que souhaitez-vous dénoncer ?

N. D. : Nous voulons ainsi exprimer un véritable ras-le-bol de voir les immigrés utilisés par les politiques comme des boucs émissaires en période de crise économique et d’élections.
Nous appelons les immigrés, les Français solidaires et conscients de l’apport de l’immigration à notre pays, qu’ils soient issus de l’immigration ou non, à cesser de consommer et/ou de travailler le 1er mars 2010. Pour la première fois, nous décidons de ne pasn participer à la vie de la Cité.

Pourquoi la date du 1er mars ?

N. D. : Elle marque le cinquième anniversaire de l’entrée en vigueur du Code de l’entrée du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA), qui instaurait une immigration « choisie » sur des critères économiques.

Que souhaitez-vous démontrer à travers l’organisation d’une telle initiative ?

N. D. : Ce boycott vise à montrer que les immigrés sont une richesse au sens propre et au sens figuré, des éléments moteurs de l’économie et de la société.
Le mot immigré est devenu presque une insulte. On espère que le regard porté par une partie de la société sur l'immigré et l'immigration change. Nous voulons rétablir la vérité. Nous en avons assez que certains politiques et certains médias mentent aux Français, en faisant croire que l'immigration est un problème.
Il n'y a qu'à prendre les premiers trains ou métros pour comprendre qui est la France qui se lève tôt. Mais on pourrait également se rendre dans les hôpitaux, dans les administrations, etc. Les immigrés font marcher la France, ils ont de la dignité mais ils ont l'impression qu'en retour ils n'obtiennent pas la reconnaissance qu'ils mériteraient.


Voir le site La journée sans immigrés







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