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Ramadan

Nuit de ramadan à la mosquée

Rédigé par Amine Djebbar | Mercredi 11 Octobre 2006

Le Coran a été révélé au prophète Mohammed durant le mois ramadan. Bien qu’elles ne fussent pas décrétées obligatoires, les prières de récitation coraniques durant ce mois de jeûne, plus connus sous le nom de Tarawih, n’en demeurent pas moins une forte recommandation prophétique. Aujourd’hui encore, cette tradition se perpétue dans toutes les mosquées du monde mais avec un nombre de prières qui diffère selon l’interprétation « locale » de la sunna.



Les prières du tarawih

Elles se déroulent après la dernière des cinq prières, à savoir l’Icha qui se situe aux alentours de 21H ces derniers jours. Chaque nuit de ramadan, deux ou plusieurs chapitres du Coran sont récités selon la taille des sourates. Les récitateurs se relayent durant le tarawih. Ils peuvent être les imams de la mosquée ou simplement des jeunes élèves des écoles islamiques qui ont une parfaite connaissance des sourates coraniques.

Une prière surérogatoire compte deux unités, plus communément appelées : rakaat, elles représentent le nombre de prosternation au sol. Par tradition prophétique, les mosquées pratiquent en général 11 unités de prières (5x2 rakaats + 1) qui durent en moyenne 1h. Les fidèles ne sont pas tenus de rester jusqu’au bout de ces 11 unités et il est fréquent de voir à chaque fin de prière des personnes qui déambulent entre les rangées soit pour se diriger vers la sortie soit simplement pour prendre une pause. Néanmoins, la quasi-totalité des personnes restent jusqu’au bout de ces 11 unités. Certaines mosquées font 13 unités voir plus, le nombre doit cependant être impair pour faire référence à l’indivisibilité divine.

Durant la nuit du destin (Lilat el kader), qui se situe dans la dernière décade du mois de ramadan, la totalité du Coran est récitée. On indique souvent la 27 ème nuit de ramadan mais son exactitude relève du caractère divin. Sa valeur religieuse et spirituelle est presque incommensurable, le Coran parle d’une nuit équivalente à mille mois de prières. C’est précisément au cours de cette nuit que le Coran fut descendu sur terre par l’intermédiaire de l’archange Gabriel (Jibril). Les prières de la nuit du destin marquent la fin des prières surérogatoires du Tarawih, plus aucune prière facultative n’est récitée durant les derniers jours du ramadan.

Le Tarawih dans une mosquée de la région parisienne

La mosquée de Bagnolet (Seine Saint Denis) située non loin de la station Gallieni (Paris) est, comme tant d’autres, une grande cave aménagée dans une cité HLM. Mais cette mosquée de « fortune » ne désemplit pas ce dimanche 8 octobre et les fidèles venus en voiture ou à pied arrivent nombreux. La dernière prière de l’Icha s’effectue peu avant 21h30. L’imam prend alors le micro et nous exhorte, en langue arabe, à faire des invocations mais également à faire de preuve de générosité durant ce mois béni pour nos frères nécessiteux en Palestine. Ce soir, un membre du Comité de bienfaisance et de secours aux palestiniens (CBSP) est présent. Il porte une écharpe à l’effigie du drapeau palestinien autour du cou. L’imam lui cède la parole en lui tendant le micro. Son intervention se fait dans un premier temps en langue arabe puis en français. Il nous précise que plus que jamais les palestiniens ont besoin de nous et que nous avons la possibilité de parrainer un orphelin : « Le prophète, nous a dit qu’il était proche comme les deux doigts d’une main envers ceux qui s’occupent des orphelins. C'est l’occasion pour nous de suivre son chemin… » dit-il en nous montrant ses doigts. Pas un bruit dans l’assistance, l’auditoire semble conquis. On retrouvera cet intervenant plus tard à la sortie de la salle de prière qui nous distribuera des tracts du CBSP relatifs à la zakat el fitr (aumône obligatoire pour purifier le jeûne du ramadan).

Les prières du tarawih commencent. Les premières unités de prières sont d’abord dirigées par l’imam puis il est relayé par un frère, à la voix harmonieuse, qui terminera les 11 unités de prières. Sa récitation émeut l’ensemble de la mosquée à commencer par sa propre personne. En effet, c’est avec des sanglots dans la voix qu’il nous récite la sourate Youssef (Joseph). A de nombreuse reprises, il s’interompera en pleurs, touché par la magnificence des versets coraniques. Bien que les fidèles soient en phase de prière, de timides « Allah ou akbar » fusent de chaque côté.

Le tarawih se termine presque en un clin d’œil. Les visages sont sereins et souriants. A la sortie de la mosquée, je questionne le frère Abdelilah qui fréquente assidûment cette mosquée : « J’aime venir dans cette mosquée en particulier pour la voix de cet ancien instituteur, sa façon de réciter, sons sens du tajwed est agréable. Cette mosquée offre aussi le repas de l’iftar (NDLR : rupture du jeûne), mais je préfère laisser la place aux étudiants et ceux qui vivent seuls » me confie-t-il.
C’est aussi çà l’esprit du ramadan, le sens de la générosité et de la fraternité envers tout le monde.



Amine Djebbar


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