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Société

Nucléaire: l’Iran s’est assuré du soutien de l’Algérie

| Mercredi 8 Août 2007

Hier après-midi, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a quitté Alger, après une visite de deux jours dans le pays, s’assurant du soutien de l’Algérie au programme nucléaire iranien et renouvelant son refus de négocier avec « les pays qui ne lui reconnaissent pas le droit à la production de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques".



Le président algérien Abdelaziz Bouteflika
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika

Interprétations unilatérales et sélectives

L'Algérie, marquant sa sympathie pour l'Iran dans sa confrontation avec les grandes puissances sur son programme nucléaire, a jugé inacceptable l'approche "unilatérale" qui interdirait à un pays de se doter de la technologie nucléaire à des fins pacifiques.

Selon l'agence de presse officielle APS, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a déclaré à son homologue iranien que son pays soutenait le droit de la République islamique à se doter d'une industrie nucléaire civile.

Il a également renouvelé sa demande d'un Proche-Orient totalement dénucléarisé.

"Il est inacceptable que des pays membres du Traité de non-prolifération nucléaire se voient contraints, en raison d'interprétations unilatérales et sélectives, de renoncer à leur droit normal et légitime d'acquérir ces technologies (nucléaires) à des fins purement pacifiques", a dit le président algérien à son invité lors d'un déjeuner officiel.

"La crise autour du programme nucléaire de votre pays doit trouver une solution satisfaisante fondée sur la diplomatie internationale et qui prenne en compte les droits que vous garantit ce traité" de non-prolifération nucléaire, a-t-il ajouté.

L’énergie nucléaire à des fins pacifiques

M. Bouteflika s'est prononcé en faveur d'une solution diplomatique de la crise entre l'Iran et les Occidentaux et appelé à un "désarmement généralisé en matière d'armes de destructions massives, l'interdiction totale des essais nucléaires et la non-prolifération des armes nucléaires".

Il s'est prononcé aussi en faveur de "l'instauration au Moyen-Orient d'une zone exempte d'armes nucléaires à l'instar de l'Afrique et de l'Amérique latine".

De son côté, le président iranien a déclaré, lors d'une conférence de presse, que "l'Iran ne peut discuter avec les pays qui ne lui reconnaissent pas le droit à la production de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques".

Il avait ajouté que "le peuple iranien ne se laissera pas faire et poursuivra ses efforts pour l'acquisition de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques", malgré les efforts des Occidentaux qui "ont mobilisé toutes leurs énergies pour isoler l'Iran sur ce dossier", a-t-il dit.

L'Iran assure depuis des mois à la communauté internationale que son programme nucléaire n'a aucune ambition militaire. Sous la menace de nouvelles sanctions à l'Onu, Téhéran a décidé début juillet de permettre à des inspecteurs de l'AIEA de visiter à nouveau certaines installations du pays.

Le président iranien est arrivé lundi matin à Alger pour une visite d'Etat de deux jours en Algérie.

Désaccord entre Bush et Karzaï

Lundi, le président américain George W. Bush a réitéré ses accusations contre l’Iran, qui, selon lui, chercherait ouvertement à acquérir des armes nucléaires. « C’est à l’Iran de prouver au monde qu’il constitue une force de stabilisation à l’opposé d’une force de déstabilisation. Après tout, c’est un gouvernement qui a proclamé son désir de mettre au point une arme nucléaire », a dit M. Bush au cours d’une conférence de presse conjointe avec le président afghan Hamid Karzaï. M. Bush a ajouté qu’il continuerait à isoler l’Iran car ce pays n’est pas « une force du bien » dans le monde.

La veille, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision américaine CNN, le président Karzaï avait fortement divergé de la position affichée par l'administration Bush, déclarant que l'Iran représentait pour son pays "une aide et une solution" plutôt que la menace décrite par le gouvernement américain.

"Jusqu'à présent, l'Iran a été une aide et une solution", avait dit M. Karzaï. "Nous avons des relations très très bonnes, très très étroites" avec l'Iran, avait-il insisté.

"L'Iran a été un soutien pour l'Afghanistan, dans notre processus de paix et dans la lutte contre le terrorisme et contre le trafic de drogue", a-t-il dit.

Interrogé sur ces propos, M. Bush a relevé que le leader afghan "est mieux à même de savoir ce qui se passe dans son pays" et qu'il était "prêt à écouter". "Mais je serai très prudent sur le fait de savoir si l'influence iranienne en Afghanistan est une force positive", a-t-il ajouté.




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