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« Nous souhaitons une vraie procédure d’évaluation du praticien »

Rédigé par Propos recueillis par Fouad Bahri | Vendredi 18 Août 2006

Talal Annani est le président de l'Intersyndicale des praticiens à diplôme hors Union européenne (Inpadhue). Il nous explique les tenants et les aboutissants du bras de fer qui a opposé les médecins aux diplômes étrangers, au ministère de la Santé.



Talal Annani
Talal Annani

Saphirnews.com : Cette question des salaires et du statut des médecins aux diplômes étrangers dure depuis très longtemps, des années. Pourquoi les gouvernements successifs n’ont pas réglé le problème ?

Talal Annani : Parce que le but n’est pas d’intégrer ces médecins d’une façon durable mais de pallier à un besoin limité. A chaque fois qu’un gouvernement arrive au pouvoir, il regarde le problème, le trouve énorme et referme le couvercle de la marmite, en se disant « on laisse au suivant ». Personne jusqu’à maintenant n’a essayé de régler le problème de façon radicale. Il a fallu que nous nous mobilisions pour revendiquer nos droits et réveiller tout cela pour dire « voilà, il y a un vrai souci dans les hôpitaux.

Les médecins étrangers ne paient-ils pas le trou de la sécurité sociale ?

T.A : En partie, oui, mais pas tous. Nous sommes tout de même dans un pays de droit. Justement, si on reprend au mot la fameuse phrase « à travail égal, salaire égal », on ne peut pas se permettre d’exploiter des professions médicales, où le cursus de formation est de dix à quinze ans. Aujourd’hui, ce qui est inacceptable c’est de voir côte à côte ces inégalités subsister avec des médecins gagnant 1800 euros et d’autres 3000 euros pour le même travail.

Quelles solutions pour sortir de la crise ?

T.A : La solution est de trouver une voie, une procédure qui donnent l’autorisation d’exercer la médecine à ces praticiens. C’est le cœur de notre conflit avec le ministère de la santé. Nous nous battons pour que cette procédure soit adaptée en fonction de l’ancienneté de chaque praticien. On ne peut pas considérer un praticien qui a quinze ans d’expérience au même rang qu’un praticien qui vient de sortir de la faculté. Nous voulons que l’expérience de chaque candidat soit intégrée. Le ministère de la santé souhaite nous faire passer un examen scolaire. Nous refusons cela. Nous souhaitons une vraie procédure d’évaluation du praticien.

Le droit européen ne vous aide t’il pas ?

T.A : C’est assez compliqué. Le droit européen nous aide si un pays de l’Union nous reconnaît comme médecin. Alors, si nous travaillons dans un autre pays de l’Union, le droit l’oblige à nous reconnaître. Mais, en tant que tel, le droit européen n’oblige pas les états à reconnaître les diplômes obtenus à l’étranger et leur laisse la liberté de le faire. Il est clair que sur le plan des principes d’égalité, la France à des choses à se reprocher.





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