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'Nous avons remporté plus de 70 sièges'

| Vendredi 27 Janvier 2006

Les élections législatives palestiniennes se sont déroulées mercredi dans le calme, et les prévisions de victoire du mouvement Hamas se sont vérifiées. Sur 132 sièges constituant le Conseil législatif palestinien, 70 ont été emportés par la liste emmenée par Ismaïl Haniyeh, porte-parole du Hamas. En conséquence, le président Mahmoud Abbas devrait confier au Hamas le soin de former un gouvernement.



Ismaïl Haniyeh (premier plan)
Ismaïl Haniyeh (premier plan)
« Nous avons remporté plus de 70 sièges dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie » a déclaré Ismaïl Haniyeh, porte-parole du Hamas et tête de liste du mouvement lors des élections législatives. Ainsi, comme le prévoyaient les sondages et estimations, la sanction est tombée et les Palestiniens ont massivement plébiscité le Hamas, faisant de lui la première force politique du pays. Et c’est ce choix des électeurs que Ismaïl Haniyeh a demandé à la communauté internationale de respecter, puisqu’il émane des urnes.

Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, devrait maintenant demander au Hamas de former un nouveau gouvernement, le précédent présidé par Ahmed Qoreï ayant présenté sa démission. Selon les déclarations du négociateur palestinien Saeb Erekat à la télévision qatarie Al Jazeera, le Fatah ne souhaiterait pas prendre part au prochain gouvernement et se contenterait alors du rôle de principale opposition légale. Cependant, le Hamas s’est dit prêt à former un gouvernement d’union nationale et à « travailler » avec le Fatah.


"Un vote protestataire"

« C’est bien évidemment un vote protestataire » a déclaré Jean-François Legrain, chercheur au CNRS et spécialiste de la vie politique palestinienne, dans un entretien accordé au quotidien Libération. « Il y a le sentiment que l'organisation a échoué dans sa mission qui était de défendre les intérêts nationaux. Elle s'est aussi montrée incapable d'assurer l'ordre et la sécurité, face à l'armée israélienne, mais aussi à l'intérieur, face aux bandes armées du Fatah » poursuit-il.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des membres des Brigades des martyrs d’Al Aqsa, branche armée du Fatah, ont exprimé leur mécontentement en manifestant dans les rues. Ils ont par ailleurs accusé Mahmoud Abbas d’être responsable de la défaite.

Réactions

S’agissant de la communauté internationale, les réactions vont de l’embarras au refus de discuter avec un gouvernement formé de membres du Hamas. Israël, dans un communiqué, a déclaré qu’il ne négocierait pas avec « une organisation terroriste armée qui prône sa destruction », tandis que la présidence de l’Union Européenne, incarnée par le premier ministre autrichien Wolfgang Shüssel, a annoncé, concernant le futur gouvernement : « Nous le jugerons sur sa contribution au processus de paix, sur la reconnaissance d'Israël ».

Pourtant, c’est cette même communauté internationale qui jusqu’ici, ne cessait de fustiger le déficit de démocratie des pays arabo-musulmans et qui en appelait au pluralisme politique. Aujourd’hui, ce sont les vainqueurs d’un scrutin organisé de manière démocratique qui lui demandent de respecter ses résultats.





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