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Société

Notes de [grands] frais

Politique

Rédigé par Haroun Ben Lagha | Jeudi 21 Mai 2009

Shahid Malik démissionne. Le secrétaire d’État à la Justice en Grande-Bretagne a quitté le gouvernement de Gordon Brown, vendredi 15 mai, à la suite du scandale des notes de frais des parlementaires récemment révélé par le Daily Telegraph. Aucune des trois principales formations politiques britanniques* n’est épargnée. Ainsi, le journal s’est penché sur les dépenses d’une centaine de personnalités politiques de premier plan pour faire la lumière sur l’emploi des fond publics par les dirigeants du pays.



Le secrétaire d’État à la Justice, Shahid Malik.
Le secrétaire d’État à la Justice, Shahid Malik.
Ce qui, au fond, semble être en cause, c’est non pas tellement le comportement des élus du Parlement britannique, mais plutôt les largesses de la législation en vigueur. L’enquête du quotidien anglais montre, en effet, que les remboursements des frais engagés par les élus couvrent à peu près tout et n’importe quoi : les frais de déplacement, les nuits d’hôtel pour les périodes passées hors de leurs circonscriptions, mais aussi des travaux dans leurs résidences secondaires, le nettoyage de leurs piscines privées ou encore leurs arbres de Noël.

En pleine période de crise et au moment où l’Europe s’enlise de plus en plus dans la récession, on peut entrevoir la démission de Shahid Malik comme un moyen de calmer le jeu et d’apaiser la colère de l’opinion publique britannique.
Ce qui est reproché à l’ancien secrétaire d’État, c’est d’avoir demandé le remboursement, aux frais du contribuable, de l’équivalent de 75 000 € sur trois ans pour sa résidence secondaire, à Londres, alors qu’il était déjà locataire pour un loyer modique (moins de 500 € par mois) d’une maison de trois chambres dans sa circonscription.
L’argent des contribuables lui aurait également permis de s’offrir un home cinéma d’une valeur de 1 050 livres. Shahid Malik s’est toutefois engagé devant les médias à reverser une somme équivalente à des œuvres caritatives.

Dans ce contexte de crise et à l’approche des élections législatives au Royaume-Uni, de nombreuses têtes pourraient encore tomber, notamment au sein du Parti travailliste au pouvoir depuis 1997 avec la victoire de Tony Blair. L’ancien Premier ministre est lui-même inquiété par l’enquête du Daily Telegraph au même titre qu’une autre grande figure du Labour, Alistair Darling, ministre des Finances de Gordon Brown.

L’une des conséquences possibles du scandale serait une inquiétante montée de l’extrême droite en Angleterre, par le biais, notamment, du British National Party (BNP), connu pour ses positons radicales envers l’immigration et surtout envers les musulmans : certains de ses membres n’hésitent pas à les qualifier publiquement de « parasites ».
Shahid Malik, musulman d’origine pakistanaise, né en Angleterre et qui a fait ses classes au sein du Parti travailliste, a, par ailleurs, été l’un des plus fervents opposants à l’idéologie véhiculée par le BNP.


*Travaillistes, démocrate-libéraux et conservateurs.




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