L’autre problème majeur est la circulation des palestiniens dans leur territoire. Des milliers d'étudiants ne peuvent plus atteindre leurs lieux de cours suite à la construction du mur et aux routes coloniales, les professeurs non plus ne peuvent parfois plus aller à l'université d'Abu Dis. Les hôpitaux sont inatteignables, enfermés dans les ghettos crées par les check points. « Même le Père Noël n'arrivera pas à entrer dans Bethlehem cette année », a ainsi ironisé le maire. « La plupart des soi-disant barrières de sécurité ont forcé énormément de gens à quitter leurs foyers. » Déclare t il.
Le maire a insisté sur le mur, qui s’est construit sur les terres de Bethlehem en isolant 700 hectares de son territoire, dont toute la région nord qui constitue 15% de la ville. Le gouvernement israélien l'a annexé à Jérusalem. « Ceci a eu un impact négatif sur tout le monde et un effet catastrophique sur certains: des centaines d'agriculteurs ont perdu leurs terres. » insiste M. le maire. Il a ainsi souligné que l'émigration faisait partie des questions les plus problématiques que la ville, tout comme Jérusalem-Est, la Bande de Gaza et le reste de la Cisjordanie, doit affronter. « L'armée israélienne veut clairement vider la terre de sa population. »
Le quadrillage opéré par l’armée israélienne, les check points, barrages et le développement des colonies en Cisjordanie, réduit considérablement la possibilité pour les palestiniens de se déplacer d’une ville à une autre. Un trajet, qui dans toute autre circonstance durerait quelques dizaines de minutes, se transforme en véritable parcours du combattant. « Ici on ne compte pas les trajets en kilomètre, mais en temps. Il se peut que vous arriviez à destination en dix- vingt minutes, il se peut que vous mettiez une journée et peut être n’arriveriez vous jamais. Les soldats sont ainsi, tout dépend de leur humeur ce moment là . » Confie Youssef, un habitant d’un camp de réfugié non loin de Naplouse, au nord de la Cisjordanie.
« Moi, j’aimerais aller fêter Noël à Bethlehem. Je suis musulman, mais j’aime beaucoup l’ambiance de cette fête. » Témoigne un jeune homme, aussi réfugié à Naplouse « Cependant, j’ai 22 ans et à chaque fois que je veux sortir de la ville, les soldats me renvoient chez moi. Sans aucune raison. Ils me disent que ma tête ne leur revient pas, alors je ne peux pas sortir. Une fois, je voulais aller à Ramallah pour chercher mon diplôme d’université, les soldats nous on empêché de passer en nous tirant dessus. ». Ajoute-t-il. « Ici, c’est une prison à ciel ouvert. » renchérit Amjad, un autre habitant de la ville. « Mais je ne quitterais pas ma maison, même si je dois mourir de faim devant chez moi, car si je m’en vais, ils vont me la prendre. » déclare-t-il.
Le maire de Bethlehem a tout de même voulu terminer sa conférence sur une note d'espoir : « malgré tous ces problèmes, notre peuple a toujours l'espoir d'une vie meilleure et la capacité de délivrer un message d'amour et de tolérance: l'annonce de Noël au monde entier. Et notre peuple porte encore l'espoir de vivre en paix sur la terre de Palestine. »