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Sur le vif

Nicolas Sarkozy rappelle les membres du gouvernement à l'ordre

| Jeudi 17 Avril 2008



Nicolas Sarkozy a rappelé à l'ordre mercredi les membres du gouvernement, après une nouvelle série de couacs dans la communication gouvernementale. A quelques jours d'une probable intervention télévisée, au début de la semaine prochaine, le chef de l'Etat s'efforce de parachever une reprise en main entreprise après la défaite de la droite aux élections municipales de mars.
"Le président de la République, à l'issue du conseil des ministres, a appelé tous les membres du gouvernement à la loyauté, à la solidarité et à la nécessité d'avoir une équipe soudée autour de lui et autour du Premier ministre", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel.
Selon un autre membre du gouvernement, les propos du chef de l'Etat ont en fait été beaucoup plus fermes et ont pris la forme d'un dernier avertissement. Nicolas Sarkozy a rappelé qu'il avait déjà lancé quatre ou cinq mises en garde. "Il n'y aura pas de sixième fois", a-t-il ajouté, selon ce ministre.
Le chef de l'Etat a également insisté sur la nécessité pour les membres du gouvernement de respecter ses arbitrages ou ceux du Premier ministre, François Fillon.
La semaine passée a été l'une des plus chaotiques pour le chef de l'Etat, le gouvernement et la majorité présidentielle.
Les tensions ont culminé avec le débat parlementaire sur un projet de loi sur les OGM, sujet qui divise à la fois l'opinion, les ministres et la majorité.
En première ligne, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a taxé son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, et le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, de "lâcheté" et d'"inélégance".
Le Premier ministre, François Fillon l'a sommée de présenter ses excuses, faute de quoi elle serait démise de ses fonctions, et Nicolas Sarkozy a dû s'employer en ce début de semaine à trouver une solution de compromis sur un amendement contesté.
L'Elysée, Matignon et le gouvernement se sont aussi pris les pieds dans la communication sur la carte famille nombreuse.
Nicolas Sarkozy a finalement maintenu la compensation versée par l'Etat à la SNCF pour les réductions famille nombreuse. Ce faisant, il a désavoué le Premier ministre, pour qui il revenait à la SNCF de financer sa propre politique familiale.
La semaine s'est achevée sur des déclarations controversées de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, laissant entendre qu'elle envisageait un déremboursement des frais d'optique.
La semaine précédente, c'est la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, Rama Yade, qui avait été contredite par le chef de la diplomatie Bernard Kouchner, sur la crise du Tibet.

Ces couacs à répétition ont relancé les rumeurs d'agacement réciproque du chef de l'Etat et du Premier ministre - "C'est ce que les ministres me disent, je l'entends beaucoup", confirme un haut responsable de l'UMP. Des rumeurs que le porte-parole du gouvernement s'est pour sa part empressé de démentir.
"Le président de la République, lorsqu'il a démarré son intervention, a indiqué que c'était avec le Premier ministre qu'il souhaitait évoquer ces questions", a dit Luc Chatel, qui a également récusé le terme de "recadrage".
"Ce que souhaite le président, c'est qu'il y ait des débats utiles, nourris, nécessaires. Simplement, il souhaite qu'à la fin ça ne nuise pas à l'efficacité du gouvernement."




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